La Bibliothèque de la Pléiade

Version du 30 octobre 2015

Version du 19 février 2016

Version du 29 mars 2016

En décembre 2013, j’écrivis une modeste note consacrée à la politique éditoriale de la célèbre collection de Gallimard, « La Bibliothèque de la Pléiade », dans laquelle je livrais quelques observations plus ou moins judicieuses à ce propos. Petit à petit, par l’effet de mon bon positionnement sur le moteur de recherche Google et du manque certain d’information officielle sur les prochaines publications, rééditions ou réimpressions de la collection, se sont agrégés, dans la section « commentaires » de cette chronique, de nombreux amateurs. Souvent bien informés – mieux que moi – et décidés à partager les informations dont Gallimard est parfois avare, ils ont permis à ce site de proposer une des meilleures sources de renseignement officieuses à ce sujet. Comme le fil de discussions commençait à être aussi dense que long (près de 100 commentaires), et donc difficile à lire pour de nouveaux arrivants, j’ai pensé qu’il pourrait être intéressant, pour les nombreuses personnes qui trouvent mon blog par des requêtes afférentes à la « Pléiade », que toutes les informations soient regroupées sur cette page. Les commentaires y sont ouverts et, à l’exception de ce chapeau introductif, les informations seront mises à jour régulièrement. Les habitués de l’autre note sont invités à me signaler oublis ou erreurs, j’ai mis un certain temps à tout compiler, j’ai pu oublier des choses.

Cette page, fixe, ne basculera pas dans les archives du blog et sera donc accessible en permanence, en un clic, dans les onglets situés en dessous du titre du site.

Je tiens à signaler que ce site est indépendant, que je n’ai aucun contact particulier avec Gallimard et que les informations ici reprises n’ont qu’un caractère officieux et hypothétique (avec divers degrés de certitude, ou d’incertitude, selon les volumes envisagés). Cela ne signifie pas que l’information soit farfelue : l’équipe de la Pléiade répond aux lettres qu’on lui adresse ; elle diffuse aussi au compte-gouttes des informations dans les médias ou sur les salons. D’autre part, certains augures spécialistes dans la lecture des curriculums vitae des universitaires y trouvent parfois d’intéressantes perspectives sur une publication à venir. Le principe de cette page est précisément de réunir toutes ces informations éparses en un seul endroit.

J’y inclus aussi quelques éléments sur le patrimoine de la collection (les volumes « épuisés » ou « indisponibles ») et, à la mesure de mes possibilités, sur l’état des stocks en magasin (c’est vraiment la section pour laquelle je vous demanderai la plus grande bienveillance, je le fais à titre expérimental : je me repose sur l’analyse des stocks des libraires indépendants et sur mes propres observations). Il faut savoir que Gallimard édite un volume en une fois, écoule son stock, puis réimprime. D’où l’effet de yo-yo, parfois, des stocks, à mesure que l’éditeur réimprime (ou ne réimprime pas) certains volumes. Les tirages s’épuisent parfois en huit ou dix ans, parfois en trente ou quarante (et ce sont ces volumes, du fait de leur insuccès, qui deviennent longuement « indisponibles » et même, en dernière instance, « épuisés »).

Cette note se divise en plusieurs sections, de manière à permettre à chacun de se repérer plus vite (hélas, WordPress, un peu rudimentaire, ne me permet pas de faire en sorte que vous puissiez basculer en un clic de ce sommaire vers les contenus qu’ils annoncent) :

I. Le programme à venir dans les prochains mois

II. Les publications possibles ou attendues ; les séries en cours

III. Les volumes « épuisés »

IV. Les rééditions

V. Les volumes « indisponibles provisoirement »

VI. Les volumes « en voie d’indisponibilité »

Cette page réunit donc des informations sur le programme et le patrimoine de la collection.

Les mises à jour correspondent à un code couleur, indiqué en ouverture de note (ce qui évite à l’habitué de devoir tout relire pour trouver mes quelques amendements). La prochaine mise à jour aura lieu dans quelques temps, lorsque le besoin s’en fera sentir.

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I. Le programme à venir dans les prochains mois

Le programme du premier semestre 2016 est officiellement connu et publié sur le site officiel.

->Henry James : Un Portrait de femme et autres romans. Après la publication des Nouvelles complètes, Gallimard décide donc de proposer plusieurs romans de l’épais corpus jamesien. Le volume comprend quatre romans : Roderick Hudson (1876), Les Européens (1878), Washington Square (1880) et Portrait de femme (1881). La perspective de publication semble à la fois chronologique et thématique. Elle n’est pas intégrale puisque sont exclus trois romans contemporains du même auteur : Le Regard aux aguets (1871), L’Américain (1877) et Confiance (1879). En cas de succès, il paraît probable que ce volume soit néanmoins suivi d’un ou deux autres, couvrant la période 1886-1905.

On peut imaginer que le(s) volume(s) à venir comprendra/comprendront Les Bostoniennes, Ce que savait Maisie, Les Ambassadeurs, Les Ailes de la Colombe ou La Coupe d’Or, mais comme certains de ces ouvrages ont été retraduits, fort récemment, par Jean Pavans, il est difficile d’établir avec certitude ce que fera la maison Gallimard du reste de l’œuvre. La solution la plus cohérente serait de publier deux autres tomes (voire trois…).

->Mario Vargas Llosa : Œuvres romanesques I et II. M. Vargas Llosa a beaucoup publié, souvent d’épais romans (ou mémoires – comme le très recommandable Le Poisson dans l’eau). La Pléiade ne proposera qu’une sélection de huit romans parmi la vingtaine du corpus. Le premier tome couvre la période 1963-1977 et comprend La Ville et les chiens (1963), La Maison verte (1965), Conversation à La Cathedral » (1969) et La Tante Julia et le scribouillard (1977). Le deuxième tome s’étend de 1981 à 2006 et a retenu La Guerre de la fin du monde (1981), La Fête au bouc (2000), Le Paradis un peu plus loin (2003) et Tours et détours de la vilaine fille (2006).

Il faut noter l’absence des Chiots, de l’Histoire de Mayta et de Lituma dans les Andes, ainsi que des derniers romans parus. De ce que je comprends de l’entretien donné par M. Vargas Llosa au Magazine Littéraire (février 2016), cette sélection a été faite voici dix ans. Cela peut expliquer quelques lacunes. Entre autres choses, le Nobel 2010 de littérature dit aussi que, pour lui, féru de littérature française et amateur de la Bibliothèque de la Pléiade depuis les années 50, il fut plus émouvant de savoir qu’il entrerait dans cette collection que de se voir décerner le Nobel de littérature. Il faut dire qu’à la Pléiade, pour une fois, il précède son vieux rival Garcia Marquez – dont les droits sont au Seuil.

-> en coffret, les deux volumes des Œuvres complètes de Jorge Luis Borges, déjà disponibles à l’unité.

-> Jules Verne (III)Voyage au centre de la terre et autres romans. L’œuvre de Verne a fait l’objet de deux volumes en 2012 ; un troisième viendra donc les rejoindre, signe que cette publication, un peu contestée pourtant, a eu du succès. Quatre romans figurent dans ce tome : Voyage au centre de la terre (1864) ; De la terre à la lune (1865) ; Autour de la lune (1870) et, plus étonnant, Le Testament d’un excentrique (1899), un des derniers romans de l’auteur – où figure en principe une sorte de jeu de l’oie, avec pour thème les États-Unis d’Amérique (qui ne sera peut-être pas reproduit).

Un quatrième tome est-il envisagé ? Je ne sais.

-> Shakespeare, Comédies II et III (Œuvres complètes VI et VII). Gallimard continue la publication des œuvres complètes du Barde en cette année du quatre centième anniversaire de sa mort. L’Album de la Pléiade lui sera également consacré. C’est une parution logique et que nous avions, ici même, largement anticipée (ce « nous » n’est pas un nous de majesté, mais une marque de reconnaissance envers les commentateurs réguliers ou irréguliers de cette page, qui proposent librement leurs informations ou réflexions à propos de la Pléiade).

Le tome II des Comédies (VI) comprend Les Joyeuses épouses de Windsor, Beaucoup de bruit pour rien, Comme il vous plaira, La Nuit des rois, Mesure pour mesure, et Tout est bien qui finit bien.

Le tome III des Comédies (VII) comprend Troïlus et Cressida, Périclès, Cymbeline, Le Conte d’hiver, La Tempête et Les Deux Nobles Cousins.

J’ai annoncé un temps que les poèmes de Shakespeare seraient joints au volume VII des Œuvres complètes, ce ne sera pas le cas. Ils feront l’objet d’un tome VIII, à venir. Ce corpus de poésies étant restreint (moins de 300 pages, ce me semble, dans l’édition des années 50, déjà enrichie de divers essais et textes sur l’œuvre), il est probable qu’il sera accompagné d’un vaste dossier documentaire, comme Gallimard l’a fait pour les rééditions Rimbaud et Lautréamont, ou pour la parution du volume consacré à François Villon.

Le programme du second semestre 2016 a filtré ici ou là, via des « agents » commerciaux ou des vendeurs de Gallimard. Nous pouvons l’annoncer ici avec une relative certitude.

-> Après Sade et Cervantès, le tirage spécial sera consacré à André Malraux, mort voici quarante ans. Il reprendra La Condition humaine, et, probablement les romans essentiels de l’écrivain (L’Espoir, La Voie royale, Les Conquérants). Ces livres sont dispersés actuellement dans les deux premiers des six volumes consacrés à Malraux.

Je reste, à titre personnel, toujours aussi dubitatif à l’égard de cette sous-collection.

–> Premiers Écrits chrétiens, dont le maître d’œuvre est Bernard Pouderon ; selon le site même de la Pléiade, récemment et discrètement mis à jour, le contenu du volume sera composé des textes de divers apologistes chrétiens, d’expression grecque ou latine : Hermas, Clément de Rome, Athénagore d’Athènes, Méliton de Sardes, Irénée de Lyon, Tertullien, etc. Ce volume  n’intéressera peut-être que modérément les plus littéraires d’entre nous ; il pérennise toutefois la démarche éditoriale savante poursuivie avec les Premiers écrits intertestamentaires ou les Écrits gnostiques.

Pour l’anecdote, Tertullien seul figurait déjà à la Pléiade italienne, dans un épais et coûteux volume ; ici, il n’y aura bien évidemment qu’une sélection de ses œuvres.

–> Certains projets sont longuement mûris, parfois reportés, et souvent attendus des années durant par le public de la collection. D’autres, inattendus surprennent ; à peine annoncés, les voici déjà publiés. C’est le cas, nous nous en sommes faits l’écho ici-même, de Jack London. Dès cet automne, deux volumes regrouperont les principaux de ses romans, dont, selon toute probabilité Croc-blanc, L’Appel de la forêt et Martin Eden. Le programme précis des deux tomes n’est pas encore connu.

L’entrée à la Pléiade de l’écrivain américain a suscité un petit débat entre amateurs de la collection, pas toujours convaincus de la pertinence de cette parution, alors que deux belles intégrales existent déjà, chez Robert Laffont (coll. Bouquins) et Omnibus.

-> enfin, s’achèvera un très long projet, la parution des œuvres de William Faulkner, entamée en 1977, et achevée près de quarante ans plus tard. Avec la parution des Œuvres romanesques V, l’essentiel de l’œuvre de Faulkner sera disponible à la Pléiade. Ce volume contiendra probablement La Ville, Le Domaine, Les Larrons ainsi que quelques nouvelles.

Comme souvent, la Pléiade fait attendre très longtemps son public ; mais enfin, elle est au rendez-vous, c’est bien là l’essentiel.

Cette année 2016 est assez spéciale dans l’histoire de la Pléiade, car neuf volumes sur dix sont des traductions, ce qui est un record ; l’album est également consacré à un écrivain étranger, ce qui n’est pas souvent arrivé (Dostoïevski en 1975, Carroll en 1990, Faulkner en 1995, Wilde en 1996, Borges en 1999, les Mille-et-une-nuits en 2005).

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Le domaine français fera néanmoins son retour en force en 2017, avec la parution (selon des sources bien informées) de :

-> Perec, Œuvres I et II. Georges Perec ferait également l’objet de l’Album de la Pléiade. Voici quelques années déjà que l’on parle de cette parution. Des citations de Georges Perec ont paru dans les derniers agendas, M. Pradier m’avait personnellement confirmé en 2012 que les volumes étaient en cours d’élaboration pour 2013/14 ; il est donc grand temps qu’ils paraissent.

Que contiendront-ils ? L’essentiel de l’œuvre romanesque, selon toute vraisemblance (La Disparition, La vie, mode d’emploi, Les Choses, W ou le souvenir d’enfance, etc.). Le Condottiere, ce roman retrouvé par hasard récemment y sera-t-il ? Je ne le sais pas, mais c’est possible (et c’est peut-être même la raison du retard de parution).

-> Tournier, Œuvres (I et II ?). Michel Tournier l’avait confirmé lui-même ici ou là, ses œuvres devaient paraître d’ici la fin de la décennie à la Pléiade. Sa mort récente peut avoir « accéléré » le processus ; preuve en est que Pierre Assouline, très au fait de la politique de la maison Gallimard, a évoqué, sur son site et dans son hommage à l’auteur, la parution pour 2016 de ces deux volumes. Il s’est peut-être un peu trop avancé, mais selon nos informations, un volume (au moins) paraîtrait au premier semestre 2017 (ou bien les deux ? rien n’est certain à cet égard), ce qu’Antoine Gallimard a confirmé au salon du livre.

-> Quand on aime la Pléiade, il faut être patient. Après dix-sept ans d’attente, depuis la parution du premier volume, devrait enfin sortir des presses le tome Nietzsche II. Cette série a été ralentie par les diverses turpitudes connues par les éditeurs du volume. La direction de ce tome, et du suivant, est assurée par Marc de Launay et Dorian Astor.

Cela fait quatre ou cinq tomes, soit l’essentiel du premier semestre. D’autres volumes sont attendus, mais sans certitude, pour un avenir proche, peut-être au second semestre 2016 :

-> Flaubert IV : la série est en cours (voir plus bas), le volume aurait été rendu à l’éditeur. On évoquait ici-même sa parution pour 2015.

-> Nimier, Œuvres. Je n’oublie pas que l’Agenda 2014 arborait une citation de Nimier, ce qui indique une parution prochaine.

-> Beauvoir, Œuvres autobiographiques. Ce projet se confirme d’année en année : annoncé par les représentants Gallimard vers 2013-2014, il est attesté par la multiplication des mentions de Simone de Beauvoir dans l’agenda 2016 (cinq, dans « La vie littéraire voici quarante ans », qui ouvre le volume). Gallimard est coutumier du fait : il communique par discrètes mentions d’auteurs inédits, dans les agendas, que les pléiadologues décryptent comme, jadis, les kremlinologues analysaient le positionnement des hiérarques soviétiques lors des défilés du 1er mai.

-> Leibniz : un volume d’Œuvres littéraires et philosophiques s’est vu attribuer un numéro d’ISBN (cf. sur Amazon). C’est un projet qui avait été évoqué dans les années 80, mais plus rien n’avait filtré le concernant depuis. Je n’ai (toujours) pas trouvé de mention de ce volume dans des CV d’universitaires. Comme pour Nietzsche II, je tiens cette sortie pour possible (ISBN oblige) mais encore incertaine. Cependant, le site Amazon indique une parution au 1er mars… 1997 : n’est-ce pas là, tout simplement, un vieux projet avorté, et dont l’ISBN n’a jamais été annulé ? À bien y réfléchir, l’abandon est tout à fait plausible.

-> D’autres séries sont en cours et pourraient être complétées : Brontë III, Stevenson III, Nabokov III, la Correspondance de Balzac III. D’autres séries, en panne, ne seront pas plus complétées en 2016 que les années précédentes (cf. plus bas) : Vigny III, Luther II, la Poésie d’Hugo IV et V, les Œuvres diverses III de Balzac, etc.

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II. Les publications possibles ou attendues ; les séries en cours

a) Nouveaux projets et rééditions

Les volumes que je vais évoquer ont été annoncés ici ou là, par Gallimard. Si dix nouveaux volumes de la Pléiade paraissent chaque année, vous le constaterez, la masse des projets envisagés énumérés ci-dessous nous mène bien au-delà de 2020.

–> un choix de Correspondance de Sade ;

–> les œuvres romanesques de Philip Roth, en deux volumes ; une mention de Roth, dans l’agenda 2016, atteste que ce projet est en cours.

–> l’Anthologie de la poésie américaine ; les traducteurs y travaillent depuis un moment ;

–> une nouvelle édition des œuvres de Descartes et de la Poésie d’Apollinaire (direction Étienne-Alain Hubert) ; Jean-Pierre Lefebvre travaille en ce moment sur une retraduction des œuvres de Kafka, une nouvelle édition est donc à prévoir (les deux premiers tomes seulement ? les quatre ?) ; une nouvelle version de L’Histoire de la Révolution française, de Jules Michelet est en cours d’élaboration également ;

–> Une autre réédition qui pourrait bien être en cours, c’est celle des œuvres de Paul Valéry, qui entreront l’an prochain dans le domaine public ; certains indices dans le Paul Valéry : une Vie, de Benoît Peeters, récemment paru en poche, peuvent nous en alerter ; la réédition des Cahiers, autrefois épuisés, n’est certes pas un « bon » signe (cela signifie que Gallimard ne republiera pas de version amendée d’ici peu – ce qui ne serait pourtant pas un luxe, l’édition étant ancienne, partielle et, admettons-le, peu accessible) ; en revanche, les Œuvres pourraient faire l’objet d’une révision, comme l’ont été récemment les romans de Bernanos ou les pièces et poèmes de Péguy. La publication de la Correspondance de Valéry pourrait être une excellente idée, d’un intérêt certain – mais c’est là seulement l’opinion du Lecteur (Valéry y est plus vif, moins sanglé que dans ses œuvres).

–> Tennessee Williams, probablement dirigée par Jean-Michel Déprats ; une mention discrète dans l’agenda 2016 tend à confirmer cette parution à venir ;

–> Blaise Cendrars, un troisième volume, consacré à ses romans (les deux premiers couvraient les écrits autobiographiques) ; selon le CV de Mme Le Quellec, collaboratrice de cette édition, ce volume paraîtrait en 2017 ;

–> George Sand : une édition des œuvres romanesques serait en cours ; l’équipe est constituée.

–> De même, Michel Onfray a évoqué par le passé, dans un entretien, l’éventuelle entrée d’Yves Bonnefoy à la Pléiade. Ce projet est littérairement crédible, d’autant plus que l’Agenda 2016 cite plusieurs fois Bonnefoy. Je suppose qu’il s’agira d’Œuvres poétiques complètes, ne comprenant pas les nombreux ouvrages de critique littéraire. Quelque aventureux correspondant a posé franchement la question auprès de Gallimard, qui lui a répondu que Bonnefoy était bien en projet.

-> Il faut également s’attendre à l’entrée à la Pléiade du médiéviste Georges Duby. Une information avait filtré en ce sens dans un numéro du magazine L’Histoire ; cette évocation dans l’agenda, redoublée, atteste de l’existence d’un tel projet. J’imagine plutôt cette parution en un tome (ou en deux), comprenant plusieurs livres parmi Seigneurs et paysans, La société chevaleresque, Les Trois ordres, Le Dimanche de Bouvines, Guillaume le Maréchal, et Mâle Moyen Âge.

-> Le grand succès connu par le volume consacré à Jean d’Ormesson (14 000 exemplaires vendus en quelques mois) donne à Gallimard une forme de légitimité pour concevoir un second volume ; les travaux du premier ayant été excessivement vite (un ou deux ans), il est possible de voir l’éditeur publier ce deuxième tome dès 2017…

-> Jean-Yves Tadié a expliqué, en 2010, dans le Magazine littéraire, qu’il s’occupait d’une édition de la Correspondance de Proust en deux tomes. Cette perspective me paraît crédible et point trop ancienne. À confirmer.

–> Textes théâtraux du moyen âge ; en deux volumes, j’en parle plus bas, c’est une vraie possibilité, remplaçant Jeux et Sapience, actuellement « indisponible ». La nouvelle édition, intitulée Théâtre français du Moyen Âge est dirigée par J.-P.Bordier.

–> Soseki ; le public français connaît finalement assez mal ce grand écrivain japonais ; pourtant sa parution en Pléiade, une édition dirigée par Alain Rocher, est très possible. Elle prendra deux volumes, et les traductions semblent avoir été rendues.

–> Si son vieux rival Mario Vargas Llosa vient d’avoir les honneurs de la collection, cela ne signifie pas que Gabriel Garcia Marquez soit voué à en rester exclu. Dans un proche avenir, la Pléiade pourrait publier une sélection des principaux romans de l’écrivain colombien.

–>Enfin, et c’est peut-être le scoop de cette mise à jour, selon nos informations, officieuses bien entendu, il semblerait que les Éditions de Minuit et Gallimard aient trouvé un accord pour la parution de l’œuvre de Samuel Beckett à la Pléiade, un projet caressé depuis longtemps par Antoine Gallimard. Romans, pièces, contes, nouvelles, en français ou en anglais, il y a là matière pour deux tomes (ou plus ?). Il nous faut désormais attendre de nouvelles informations.

Cette première liste est donc composée de volumes dont la parution est possible à brève échéance (d’ici 2019).

Je la complète de diverses informations qui ont circulé depuis trente ans sur les projets en cours de la Pléiade : les « impossibles » (abandonnés), les « improbables » (suspendus ou jamais mis en route), « les possibles » (projet sérieusement évoqué, encore récemment, mais sans attestation dans l’Agenda et sans équipe de réalisation identifiée avec certitude).

A/ Les (presque) impossibles

-> Textes philosophiques indiens fondamentaux ; une édition naguère possible (le champ indien a été plutôt enrichi en 20 ans, avec le Ramayana et le Théâtre de l’Inde Ancienne), mais plutôt risquée commercialement et donc de plus en plus incertaine dans le contexte actuel. Zéro information récente à son sujet.

–> Xénophon ; cette parution était très sérieusement envisagée à l’époque du prédécesseur de M. Pradier, arrivé à la direction de la Pléiade en 1996 ; elle a été au mieux suspendue, au pire abandonnée.

–> Écrits Juifs (textes des Kabbalistes de Castille) ; très improbable en l’état économique de la collection.

–> Mystiques médiévaux ; aucune information depuis longtemps.

–> Maître Eckhart ; la Pléiade doit avoir renoncé, d’autant plus que j’ai noté la parution, au Seuil, cet automne 2015, d’un fort volume de 900 pages consacré aux sermons, traités et poèmes de Maître Eckhart ; projet abandonné.

–> Joanot Martorell ; le travail accompli sur Martorell a été basculé en « Quarto », un des premiers de la collection ; la Pléiade ne le publiera pas, projet abandonné.

–> Chaucer ; projet abandonné de l’aveu de son maître d’œuvre (le travail réalisé par les traducteurs a pu heureusement être publié, il est disponible via l’édition Bouquins, parue en 2010).

-> Vies et romans d’Alexandre est un volume qui a été évoqué depuis vingt-cinq ans, sans résultat tangible à ce jour. Jean-Louis Bacqué-Grammont et Georges Bohas étaient supposés en être les maîtres d’œuvre. Une mention récente dans Parole de l’orient (2012) laisse à penser que le projet a été abandonné. En effet, une partie des traductions a paru en 2009 dans une édition universitaire et l’auteur de l’article explique que ce « recueil était originellement prévu pour un ouvrage collectif devant paraître dans la Pléiade ». C’est mauvais signe.

Ces huit volumes me paraissent abandonnés.

B/ Les improbables

–> Aimé Césaire, Léon Gontran Damas et Léopold Sedar Senghor ; ce tome était attendu pour 2011 ou 2012, le projet semble mettre un peu plus de temps que prévu. Selon quelques informations recueillies depuis, il semble que, malgré l’effet d’annonce, la réalisation ce volume n’a jamais été vraiment lancée.

–> Saikaku ; quelques informations venues du traducteur, M. Struve, informations vieilles maintenant de dix ans ; notre aruspice de CV, Geo, est pessimiste, du fait du changement opéré dans l’équipe de traduction en cours de route.

–> Carpentier ; cela commence à faire longtemps que ce projet est en cours, trop longtemps (plus de quinze ans que Gallimard l’a évoqué pour la première fois). Carpentier est désormais un peu oublié (à tort). Ce projet ne verra probablement pas le jour.

–> Barrès ; peu probable, rien ne l’a confirmé ces derniers temps…

–> la perspective de la parution d’un volume consacré à Hugo von Hofmannsthal avait été évoquée dans les années 90 (par Jacques Le Rider dans la préface d’un Folio). La Pochothèque et l’Arche se sont occupés de republier l’écrivain autrichien. Cette parution me paraît abandonnée.

–> En 2001, Mme Naudet s’est chargée du catalogage des œuvres de Pierre Guyotat en vue d’une possible parution à la Pléiade. Je ne pense pas que cette réflexion, déjà ancienne, ait dépassé le stade de la réflexion. Gallimard a visiblement préféré le sémillant d’Ormesson au ténébreux Guyotat.

-> Voici quelques années, M. Pradier, le directeur de la collection avait évoqué diverses possibilités pour la Pléiade : Pétrarque, Leopardi et Chandler. Ce n’étaient là que pistes de réflexions, il n’y a probablement pas eu de suite. Un volume Pétrarque serait parfaitement adapté à l’image de la collection et son œuvre y serait à sa place. Je ne sais pas si la perspective a été creusée. Boccace manque aussi, d’ailleurs. Pour Leopardi, le fait qu’Allia n’ait pas réussi à écouler le Zibaldone et la Correspondance (bradée à 25€ désormais) m’inspirent de grands doutes. Le projet serait légitime, mais je suis pessimiste – ce qui est logique en parlant de l’infortuné poète bossu. Enfin, Chandler a fait l’objet depuis d’un Quarto, et même s’il est publié aux Meridiani (pléiades italiens), je ne crois pas à sa parution en Pléiade.

Ces neuf volumes me paraissent incertains. Abandon possible (ou piste de réflexion pas suivie).

C/ Les plausibles

–> Nathaniel Hawthorne ; à la fois légitime (du fait de l’importance de l’auteur), possible (du fait du tropisme américain de la Pléiade depuis quelques années) et annoncé par quelques indiscrétions ici ou là. On m’a indiqué, parmi l’équipe du volume, les possibles participations de M. Soupel et de Mme Descargues.

-> Le projet de parution d’Antonin Artaud à la Pléiade a été suspendu au début des années 2000, du fait des désaccords survenus entre la responsable du projet éditorial et les ayants-droits de l’écrivain ; il devrait entrer dans le domaine public au 1er janvier 2019 et certains agendas ont cité Artaud par le passé ; un projet pourrait bien être en cours, sinon d’élaboration, tout du moins de réflexion.

–> Romain Gary, en deux tomes, d’ici la fin de la décennie.

–> Kierkegaard ; deux volumes, traduits par Régis Boyer, maître ès-Scandinavie ; on n’en sait pas beaucoup plus et ce projet est annoncé depuis très longtemps.

–> Jean Potocki ; la découverte d’un second manuscrit a encore ralenti le serpent de mer (un des projets les plus anciens de la Pléiade à n’avoir jamais vu le jour).

–> Thomas Mann ; il faudrait de nouvelles traductions, et les droits ne sont pas chez Gallimard (pas tous en tout cas) ; Gallimard attend que Mann tombe dans le domaine public (une dizaine d’années encore…), selon la lettre que l’équipe de la Pléiade a adressé à un des lecteurs du site.

–> Le dit du Genji, informations contradictoires. Une nouvelle traduction serait en route.

–> Robbe-Grillet : selon l’un de nos informateurs, le projet serait au stade de la réflexion.

–> Huysmans : Michel Houellebecq l’a évoqué dans une scène son dernier roman, Soumission ; le quotidien Le Monde a confirmé que l’écrivain avait été sondé pour une préface aux œuvres (en un volume ?) de J.K.Huysmans, un des grands absents du catalogue. Le projet serait donc en réflexion.

–> Ovide : une nouvelle traduction serait prévue pour les années à venir, en vue d’une édition à la Pléiade.

–> « Tigrane », un de nos informateurs, a fait état d’une possible parution de John Steinbeck à la Pléiade. Information récente et à confirmer un jour.

–> Calvino, on sait que la veuve de l’écrivain a quitté le Seuil pour Gallimard en partie pour un volume Pléiade. Édition possible mais lointaine.

–> Lagerlöf, la Pléiade n’a pas fermé la porte, et un groupe de traducteurs a été réuni pour reprendre ses œuvres. Édition possible mais lointaine.

Enfin, j’avais exploré les annonces du catalogue 1989, riche en projets, donc beaucoup ont vu le jour. Suivent ceux qui n’ont pas encore vu le jour (et qui ne le verront peut-être jamais) – reprise d’un de mes commentaires de la note de décembre 2013.

– Akutagawa, Œuvres, 1 volume (le projet a été abandonné, vous en trouverez des « chutes » ici ou là)
Anthologie des poètes du XVIIe siècle, 1 volume (je suppose que le projet a été fondu et  dans la réfection de l’Anthologie générale de la poésie française ; abandonné)
Cabinet des Fées, 2 volumes (mes recherches internet, qui datent un peu, m’avaient laissé supposer un abandon complet du projet)
– Chénier, 1 volume, nouvelle édition (abandonné, l’ancienne édition est difficile à trouver à des tarifs acceptables – voir plus bas)
Écrits de la Mésopotamie Ancienne, 2 volumes (probablement abandonné, et publié en volumes NRF « Bibliothèque des histoires » – courants et néanmoins coûteux, dans les années 90)
– Kierkegaard, Œuvres littéraires et philosophiques complètes, 3 volumes (serpent de mer n°1)
– Laforgue, Œuvres poétiques complètes, 1 volume (abandonné, désaccord avec le directeur de l’ouvrage, le projet a été repris, en 2 coûteux volumes, par L’Âge d’Homme)
– Leibniz, Œuvres, 3 volumes : un ISBN attribué à un volume Leibniz a récemment été découvert. Les possibilités d’édition de Leibniz dans la Pléiade, avec une envergure moindre, sont donc remontées.
– Montherlant, Essais, Volume II (voir plus bas)
Moralistes français du XVIIIe siècle, 2 volumes (aucune information récente, abandonné)
Orateurs de la Révolution Française, volume II (mis en pause à la mort de François Furet… en 1997 ! et donc abandonné)
– Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse, 1 volume (serpent de mer n°1 bis)
– Chunglin Hsü, Roman de l’investiture des Dieux, 2 volumes (pas de nouvelles, le dernier roman chinois paru à la Pléiade, c’était Wu Cheng’en en 1991, je penche pour l’abandon du projet)
– Saïkaku, Œuvres, 2 volumes (cas exploré plus haut)
– Sôseki, Œuvres, 2 volumes (cas exploré plus haut)
– Tagore, Œuvres, 2 volumes (le projet a été officiellement abandonné)
Théâtre Kabuki, 1 volume (très incertain, aucune information à ce sujet)
Traités sanskrits du politique et de l’érotique (Arthasoutra et Kamasoutra), 1 volume (idem)
– Xénophon, Œuvres, 1 volume (évoqué plus haut)

b) Les séries en cours :

Attention, je n’aborde ici que les séries inédites. J’évoque un peu plus bas, dans la section IV-b, le cas des séries en cours de réédition, soit exhaustivement : Racine, La Fontaine, Vigny, Balzac, Musset, Marivaux, Claudel, Shakespeare et Flaubert.

Aragon : l’éventualité de la publication un huitième volume d’œuvres, consacré aux écrits autobiographiques, a pu être discutée ; elle est actuellement, selon toute probabilité, au stade de l’hypothèse.

Aristote : le premier tome est sorti en novembre 2014, sans mention visuelle d’un quelconque « Tome I ». Le catalogue parle pourtant d’un « tome I », mais il a déjà presque un an, l’éditeur a pu changer d’orientation depuis. La suite de cette série me paraît conditionnelle et dépendante du succès commercial du premier volume. Néanmoins, les maîtres d’œuvre évoquent, avec certitude, la parution à venir des tomes II et III et l’on sait désormais que Gallimard ne souhaite plus numéroter ses séries qu’avec parcimonie. Il ne faut pas être pessimiste en la matière, mais prudent. En effet, la Pléiade a parfois réceptionné les travaux achevés d’éditeurs pour ne jamais les publier (cas Luther, voir quelques lignes plus bas).

Brecht : l’hypothèse d’une publication du Théâtre et de la Poésie, née d’annonces vieilles de 25 ans, est parfaitement hasardeuse. La mode littéraire brechtienne a passé et l’éditeur se contentera probablement d’un volume bizarre d’Écrits sur le théâtre. Dommage qu’un des principaux auteurs allemands du XXe siècle soit ainsi mutilé.

Brontë :  Premier volume en 2002, deuxième en 2008, il en reste un, Shirley-Villette. Il n’y a pas beaucoup d’information à ce sujet, mais le délai depuis le tome 2 est normal, il n’y a pas d’inquiétude à avoir pour le moment. La traduction de Villette serait achevée.

Calvin : L’Institution de la religion chrétienne est absent du tome d’Œuvres. Aucun deuxième volume ne semble pourtant prévu.

Cendrars : voir plus haut, un volume de Romans serait en cours de préparation.

Écrits intertestamentaires : un second volume, dirigé par Marc Philonenko, serait en chantier, et quelques traductions déjà achevées.

Giraudoux : volume d’Essais annoncé au début des années 90. Selon Jacques Body, maître d’œuvre des trois volumes, et que j’ai personnellement contacté, ce quatrième tome n’est absolument pas en préparation. Projet abandonné.

Gorki : même situation que Brecht et Faulkner, réduction de voilure du projet depuis son lancement. Suite improbable.

Green : je l’évoque plus bas, dans les sections consacrées aux volumes « indisponibles » et aux volumes en voie d’indisponibilité. Les perspectives de survie de l’œuvre dans la collection sont plutôt basses. Aucun tome IX et final ne devrait voir le jour.

Hugo : Œuvres poétiques, IV et V, « en préparation » depuis 40 ans (depuis la mort de Gaëtan Picon). Les œuvres de Victor Hugo auraient besoin d’une sérieuse réédition, la poésie est bloquée depuis qu’un désaccord est survenu avec les maîtres d’ouvrage de l’époque. Il est fort improbable que ce front bouge dans les prochaines années, mais Gallimard maintient les « préparer » à chaque édition de son catalogue. À noter que le 2e tome du Théâtre complet, longtemps indisponible, est à nouveau dans les librairies.

Luther : Le tome publié porte le chiffre romain I. Une suite est censée être en préparation mais l’insuccès commercial de ce volume (la France n’est pas un pays de Luthériens) a fortement hypothéqué le second volume. Personne n’en parle plus, ni les lecteurs, ni Gallimard. Suite improbable. D’autant plus que M. Arnold, le maître d’œuvre explique sur son CV avoir rendu le Tome II… en 2004 ! Ces dix années entre la réception du tapuscrit et la publication indiquent que Gallimard a certainement renoncé. Projet abandonné.

Marx : Les Œuvres complètes se sont arrêtées avec le Tome IV (Politique I). L’éditeur du volume est mort, la « cote » de Marx a beaucoup baissé, il est improbable que de nouveaux volumes paraissent à l’avenir, le catalogue ne défend même plus cette idée par une mention « en préparation ». Série probablement arrêtée.

Montherlant : Essais, tome II. Le catalogue évoque toujours un tome I. Aucune mention de préparation n’est présente (contrairement à ce que les catalogues de la fin des années 2000 annonçaient). Le premier volume a été récemment retiré (voir plus bas, dans la section « rééditions »), tout comme les volumes des romans. Perspective improbable néanmoins.

Nietzsche : Œuvres complètes, d’abord prévues en 5 tomes, puis réduites à 3 (c’est annoncé au catalogue). Le premier volume a paru en 2000. Le deuxième devrait paraître au premier semestre 2017 (information officieuse et à confirmer).

Orateurs de la Révolution française : paru en 1989 pour le bicentenaire de la Révolution, ce premier tome, consacré à des orateurs de la Constituante, n’a pas eu un grand succès commercial. François Furet, son éditeur scientifique, est mort depuis. Tocqueville, son autre projet, a été retardé quelques années, mais a pu s’achever. Celui-ci ne le sera pas. Suite abandonnée.

Queneau : en principe, ont paru ses Œuvres complètes, en trois tomes, mais le Journal n’y est pas, pas plus que ses articles et critiques. Un quatrième tome, non annoncé par la Pléiade, est-il néanmoins possible ? Aucune information à ce sujet.

Sand : un volume de Romans est en préparation (cf. plus haut).

Stevenson : un troisième tome d’Œuvres est en préparation. Le deuxième volume a paru en 2005 déjà, il serait temps que le troisième (et dernier) sorte dans les librairies.

Supervielle : une édition des Œuvres en 2 volumes avait été initialement prévue, la poésie est sortie en 1996, le reste doit être abandonné.

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III. Les volumes « épuisés »

Ces volumes ne sont plus disponibles sur le marché du livre neuf. Gallimard ne compte pas les réimprimer. Cette politique est assortie de quelques exceptions, imprévisibles, comme les Cahiers de Paul Valéry, « épuisés » en 2008 et pourtant réimprimés quelques années plus tard. Cet épuisement peut préluder une nouvelle édition (Casanova par exemple), mais généralement signe la sortie définitive du catalogue. Les « épuisés » sont presque tous trouvables sur le marché de l’occasion, à des prix parfois prohibitifs (je donne pour chaque volume une petite estimation basée sur mes observations sur abebooks, amazon et, surtout, ebay, lors d’enchères, fort bon moyen de voir à quel prix s’établit « naturellement » un livre sur un marché assez dense d’amateurs de la collection ; mon échelle de prix est évidemment calquée sur celle de la collection, donc 20€ équivaut à une affaire et 50€ à un prix médian).

1/ Œuvres d’Agrippa d’Aubigné, 1969 : Gallimard a exclu explicitement la réédition. C’est le cas de beaucoup de volumes des années 1965-1975, majoritaires parmi les épuisés. Ils ont connu un retirage, ou aucun. 48€ au catalogue, peut monter à 70€ sur le marché de l’occasion.

2/ Œuvres Complètes de Nicolas Boileau, 1966 : Gallimard a exclu explicitement la réédition. Le XVIIe siècle est victime de son progressif éloignement ; cette littérature, sauf quelques grands noms, survit mal ; et certains auteurs ne sont plus jugés par la direction de la collection comme suffisamment « vivants » pour être édités. C’est le cas de Boileau. 43€ au catalogue, il est rare qu’il dépasse ce prix sur le second marché.

3/ Œuvres Complètes d’André Chénier, 1940 : Gallimard a exclu explicitement la réédition. Étrangement, il était envisagé, en 1989 encore (source : le catalogue de cette année-là), de proposer au public une nouvelle édition de ce volume. Chénier a-t-il été victime de l’insuccès du volume Orateurs de la Révolution française ? L’œuvre, elle-même, paraît bien oubliée désormais. 40€ au catalogue, trouvable à des tarifs très variables (de 30 à 80).

4/ Œuvres de Benjamin Constant, 1957 : Gallimard a exclu explicitement la réédition. À titre personnel, je suis un peu surpris de l’insuccès de Constant. 48€ au catalogue, assez peu fréquent sur le marché de l’occasion, peut coûter cher (80/100€)

5/ Conteurs français du XVIe siècle, 1965 : pas d’information de la part de l’éditeur. L’orthographe des volumes médiévaux ou renaissants de la Pléiade (et même ceux du XVIIe) antérieurs aux années 80 n’était pas modernisée. C’est un volume dans un français rocailleux, donc. 47€ au catalogue, assez aisé à trouver pour la moitié de ce prix (et en bon état). Peu recherché.

6/ Œuvres Complètes de Paul-Louis Courier, 1940 : pas d’information de la part de l’éditeur. Courier est un peu oublié de nos jours. 40€ au catalogue, trouvable pour un prix équivalent en occasion (peut être un peu plus cher néanmoins).

7/ Œuvres Complètes de Tristan Corbière et de Charles Cros, 1970 : pas d’information de la part de l’éditeur. C’était l’époque où la Pléiade proposait, pour les œuvres un peu légères en volume, des regroupements plus ou moins justifiés. Les deux poètes ont leurs amateurs, mais pas en nombre suffisant visiblement. Néanmoins, le volume est plutôt recherché. Pas de prix au catalogue, difficilement trouvable en dessous de 80€/100€.

8/ Œuvres de Nicolas Leskov et de M.E. Saltykov-Chtchédrine, 1967 : Gallimard a exclu explicitement la réédition. Encore un regroupement d’auteurs. Le champ russe est très bien couvert à la Pléiade, mais ces deux auteurs, malgré leurs qualités, n’ont pas eu beaucoup de succès. 47€ au catalogue, coûteux en occasion (quasiment impossible sous 60/80€, parfois proposé au-dessus de 100)

9/ Œuvres de François de Malherbe, 1971 : Gallimard a exclu explicitement la réédition. Et pour cause. C’est le « gadin » historique de la collection, l’exemple qu’utilise toujours Hugues Pradier, son directeur, quand il veut illustrer d’un épuisé ses remarques sur les méventes de certain volume. 39€ au catalogue, je l’ai trouvé neuf dans une librairie il y a six ans, et je crois bien que c’était un des tout derniers de France. Peu fréquent sur le marché de l’occasion, mais généralement à un prix accessible (30/50€).

10/ Maumort de Roger Martin du Gard, 1983 : aucune information de Gallimard. Le volume le plus récemment édité parmi les épuisés. Honnêtement, je ne sais s’il relève de cette catégorie par insuccès commercial (la gloire de son auteur a passé) ou en raison de problèmes littéraires lors de l’établissement d’un texte inachevé et publié à titre posthume. 43€ au catalogue, compter une cinquantaine d’euros d’occasion, peu rare.

11/ Commentaires de Blaise de Monluc, 1964 : aucune information de Gallimard. Comme pour les Conteurs français, l’orthographe est d’époque. Le chroniqueur historique des guerres de religion n’a pas eu grand succès. Pas de prix au catalogue, assez rare d’occasion, peut coûter fort cher (60/100).

12/ Histoire de Polybe, 1970 : Gallimard informe ses lecteurs qu’il est désormais publié en « Quarto », l’autre grande collection de l’éditeur. Pas de prix au catalogue. Étrange volume qui n’a pas eu de succès mais qui s’arrache à des prix prohibitifs sur le marché de l’occasion (difficile à trouver à moins de 100€).

13/ Poètes et romanciers du Moyen Âge, 1952 : exclu d’une réédition en l’état. C’est exclusivement de l’ancien français (comme Historiens et Chroniqueurs ou Jeux et Sapience), quand tous les autres volumes médiévaux proposent une édition bilingue. Une partie des textes a été repris dans d’autres volumes ou dans l’Anthologie de la poésie française I. 42€ au catalogue, trouvable sans difficulté pour une vingtaine d’euros sur le marché de l’occasion.

14/ Romanciers du XVIIe siècle, 1958 : exclu d’une réédition. Orthographe non modernisée. Un des quatre romans (La Princesse de Clèves) figure dans l’édition récente consacrée à Mme de Lafayette. Sans prix au catalogue, très fréquent en occasion, à des prix accessibles (20/30€).

15/ et 16/ Romancier du XVIIIe siècle I et II, 1960 et 1965. Gallimard n’en dit rien, ce sont pourtant deux volumes regroupant des romans fort connus (dont Manon LescautPaul et VirginieLe Diable amoureux). Subissent le sort d’à peu près tous les volumes collectifs de cette époque : peu de notes, peu de glose, à refaire… et jamais refaits. 49,5€ et 50,5€. Trouvables à des prix similaires, sans trop de difficulté, en occasion.

17/, 18/ et 19/ Œuvres I et II, Port-Royal I, de Sainte-Beuve, 1950, 1951 et 1953. Gallimard ne prévoit aucune réimpression du premier volume de Port-Royal mais ne dit pas explicitement qu’il ne le réimprimera jamais. Les chances sont faibles, néanmoins. Son épuisement ne doit pas aider à la vente des volumes II et III. Le destin de Sainte-Beuve semble du reste de sortir de la collection. Les trois volumes sont sans prix au catalogue. Les Œuvres sont trouvables à des prix honorables, Port-Royal I, c’est plus compliqué (parfois il se négocie à une vingtaine d’euros, parfois beaucoup plus). L’auteur ne bénéficie plus d’une grande cote.

20/, 21/ et 22/ Correspondance III et III, de Stendhal, 1963, 1967 et 1969. Cas unique, l’édition est rayée du catalogue papier (et pas seulement marquée comme épuisée), pour des raisons de moi inconnues (droits ? complétude ? qualité de l’édition ? Elle fut pourtant confiée au grand stendhalien Del Litto). Cette Correspondance, fort estimée (par Léautaud par exemple) est difficile à trouver sur le marché de l’occasion, surtout le deuxième tome. Les prix sont à l’avenant, normaux pour le premier (30/40), parfois excessifs pour les deux autres (le 2e peut monter jusque 100). Les volumes sont assez fins.

23/ et 24/ Théâtre du XVIIIe siècle, I et II, 1973 et 1974. Longtemps marqués « indisponibles provisoirement », ces deux tomes sont récemment passés « épuisés ». Ce sont deux volumes riches, dont Gallimard convient qu’il faudrait refaire les éditions. Mais le contexte économique difficile et l’insuccès chronique des volumes théâtraux (les trois tomes du Théâtre du XVIIe sont toujours à leur premier tirage, trente ans après leur publication) rendent cette perspective très incertaine. 47€ au catalogue, très difficiles à trouver sur le marché de l’occasion (leur prix s’envole parfois au-delà des 100€, ce qui est insensé).

Cas à part : Œuvres complètes  de Lautréamont et de Germain Nouveau. Lautréamont n’est pas sorti de la Pléiade, mais à l’occasion de la réédition de ses œuvres voici quelques années, fut expulsé du nouveau tome le corpus des écrits de Germain Nouveau, qui occupait d’ailleurs une majeure partie du volume collectif à eux consacrés. Le volume est sans prix au catalogue. Il est relativement difficile à trouver et peut coûter assez cher (80€).

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 IV. Les rééditions

Lorsque l’on achète un volume de la Pléiade, il peut s’agir d’une première édition et d’un premier tirage, d’une première édition et d’un ixième tirage ou encore d’une deuxième (ou, cas rare, d’une troisième, exceptionnel, d’une quatrième) édition. Cela signifie qu’un premier livre avait été publié voici quelques décennies, sous une forme moins « universitaire » et que Gallimard a jugé bon de le revoir, avec des spécialistes contemporains, ou de refaire les traductions. En clair, il faut bien regarder avant d’acheter les volumes de ces auteurs de quand date non l’impression mais le copyright.

Il arrive également que Gallimard profite de retirages pour réviser les volumes. Ces révisions, sur lesquelles la maison d’édition ne communique pas, modifient parfois le nombre de pages des volumes : des coquilles sont corrigées, des textes sont revus, des notices complétées, le tout de façon discrète. Ces modifications sont très difficiles à tracer, sauf à comparer les catalogues ou à feuilleter les derniers tirages de chaque Pléiade (un des commentateurs, plus bas, s’est livré à l’exercice – cf. l’exhaustif commentaire de « Pléiadophile », publié le 12 avril 2015)

La plupart des éditions « dépassées » sont en principe épuisées.

a) Rééditions à venir entièrement (aucun volume de la nouvelle édition n’a paru)

Parmi les rééditions à venir, ont été évoqués, de manière très probable :

Kafka, par Jean-Pierre Lefebvre (je ne sais si ce projet concerne la totalité des quatre volumes ou seulement une partie).

Michelet, dont l’édition date de l’avant-guerre ; certes quelques révisions de détail ont dû intervenir à chaque réimpression, mais enfin, l’essentiel des notes et notices a vieilli.

Descartes (l’édition en un volume date de 1937) en deux volumes.

Apollinaire, pour la poésie seulement (la prose est récente).

Jeux et sapience du Moyen Âge, édition de théâtre médiéval en ancien français, réputée « indisponible provisoirement ». La nouvelle édition est en préparation (cf. plus haut). Cette édition, en deux volumes serait logique et se situerait dans la droite ligne des éditions bilingues et médiévales parues depuis 20 ans (RenartTristan et Yseut, le Graal, Villon).

De manière possible

Verlaine, on m’en a parlé, mais je ne parviens pas à retrouver ma source. L’édition est ancienne.

Chateaubriand, au moins pour les Mémoires d’Outre-Tombe mais l’hypothèse a pris du plomb dans l’aile avec la reparution, en avril 2015, d’un retirage en coffret de la première (et seule à ce jour) édition.

Montherlant, pour les Essais… c’est une hypothèse qui perd d’année en année sa crédibilité puisque le tome II n’est plus annoncé dans le catalogue. Néanmoins, un retirage du tome actuel a été réalisé l’an dernier, ce qui signifie que Gallimard continue de soutenir la série Montherlant… Plus improbable que probable cependant.

b) Rééditions inachevées ou en cours (un ou plusieurs volumes de la nouvelle édition ont paru)

Balzac : 1/ La Comédie humaine, I à XI, de 1935 à 1960 ; 2/ La Comédie humaine, I à XII, de 1976 à 1981 + Œuvres diverses I, en 1990 et II, en 1996 + Correspondance I, en 2006 et II, en 2011. Le volume III de la Correspondance est attendu avec optimisme pour les prochaines années. Pour le volume III des Œuvres diverses en revanche, l’édition traîne depuis des années et le décès du maître d’œuvre, Roland Chollet, à l’automne 2014, n’encourage pas à l’optimisme.

Claudel : 1/ Théâtre I et II (1948) + Œuvre poétique (1957) + Œuvres en prose (1965) + Journal I (1968) et II (1969) ; 2/ Théâtre I et II (2011). Cette nouvelle édition du Théâtre pourrait préfigurer la réédition des volumes de poésie et de prose (et, sans conviction, du Journal ?), mais Gallimard n’a pas donné d’information à ce sujet.

Flaubert : 1/ Œuvres complètes, I et II, en 1936 ; 2/ Correspondance I (1973), II (1980), III (1991), IV (1998) et V (2007) + Œuvres complètesI (2001), II et III (2013). Les tomes IV et V sont attendus pour bientôt (les textes auraient été rendus pour relecture selon une de nos sources). En attendant le tome II de la vieille édition est toujours disponible.

La Fontaine : 1/ Œuvres complètes I, en 1933 et II, en 1943 ; 2/ Œuvres complètes I, en 1991. Comme pour Racine, le deuxième tome est encore celui de la première édition. Il est assez courant. Après 25 ans d’attente, et connaissant les mauvaises ventes des grands du XVIIe (Corneille par exemple), la deuxième édition du deuxième tome est devenue peu probable.

Marivaux : 1/ Romans, en 1949 + Théâtre complet, en 1950 ; 2/ Œuvres de jeunesse, en 1972 + Théâtre complet, en 1993 et 1994. En principe, les Romans étant indisponibles depuis des années, une nouvelle édition devrait arriver un jour. Mais là encore, comme pour La Fontaine, Vigny ou le dernier tome des Œuvres diverses de Balzac, cela fait plus de 20 ans qu’on attend… Rien ne filtre au sujet de cette réédition.

Musset : 1/ Poésie complète, en 1933 + Théâtre complet, en 1934 + Œuvres complètes en prose, en 1938 ; 2/ Théâtre complet, en 1990. La réédition prévue de Musset en trois tomes, et annoncée explicitement par Gallimard dans son catalogue 1989, semble donc mal partie. Le volume de prose est « indisponible provisoirement » et la poésie est toujours dans l’édition Allem, vieille de 80 ans. Là encore, comme pour La Fontaine et Racine, il est permis d’être pessimiste.

Racine : 1/ Œuvres complètes I, en 1931 et II, en 1952 ; 2/ Œuvres complètes I, en 1999. Le deuxième tome est donc encore celui de la première édition. Il est très rare de le trouver neuf dans le commerce. Le délai entre les deux tomes est long, mais il l’avait déjà été dans les années 30-50. On peut néanmoins se demander s’il paraîtra un jour.

Shakespeare : 1/ Théâtre complet, en 1938 (2668 pages ; j’ai longtemps pensé qu’il s’agissait d’un seul volume, mais il s’agirait plus certainement de deux volumes, les 50e et 51e de la collection ; le mince volume de Poèmes aurait d’ailleurs peut-être relevé de cette édition là, mais avec une vingtaine d’années de retard ; les poèmes auraient par la suite été intégrés par la nouvelle édition de 1959 dans un des deux volumes ; ne possédant aucun des volumes concernés, je remercie par avance mes aimables lecteurs (et les moins aimables aussi) de bien vouloir me communiquer leurs éventuelles informations complémentaires) ; 2/ Œuvres complètes, I et II, Poèmes (III) (?) en 1959 ; 3/ Œuvres complètes I et II (Tragédies) en 2002 + III et IV (Histoires) en 2008 + V (Comédies) en 2013. Les tomes VI (Comédies) et VII (Comédies) sont en préparation, pour une parution en 2016. Le tome VIII (Poésies) paraîtra ultérieurement.

Vigny : 1/ Œuvres complètes I et II, en 1948 ; 2/ Œuvres complètes I (1986) et II (1993). Le tome III est attendu depuis plus de 20 ans, ce qui est mauvais signe. Gallimard n’en dit rien, Vigny ne doit plus guère se vendre. Je suis pessimiste à l’égard de ce volume.

c) Rééditions achevées

Quatre éditions :

Choderlos de Laclos : 1/ Les Liaisons dangereuses, en 1932 ; 2/ Œuvres complètes en 1944 ; 3/ Œuvres complètes en 1979 ; 4/ Les Liaisons dangereuses, en 2011. Pour le moment, les éditions 3 et 4 sont toujours disponibles.

Trois éditions :

Baudelaire : 1/ Œuvres complètesI et II, en 1931 et 1932 ; 2/ Œuvres complètesen 1951 ; 3/ Correspondance I et II en 1973 + Œuvres complètesI et II, en 1975 et 1976.

Camus : 1/ Théâtre – Récits – Nouvelles, en 1962 + Essais, en 1965 ; 2/ Théâtre – Récits et Nouvelles -Essais, en 1980 ; 3/ Œuvres complètesI et II, en 2006, III et IV, en 2008.

Molière : 1/ Œuvres complètesI et II, en 1932 ; 2/ Œuvres complètesI et II, en 1972 ; 3/ Œuvres complètesI et II, en 2010. L’édition 2 est encore facilement trouvable et la confusion est tout à fait possible avec la 3.

Montaigne : 1/ Essais, en 1934 ; 2/ Œuvres complètes, en 1963 ; 3/ Essais, en 2007.

Rimbaud : 1/ Œuvres complètes, en 1946 ; 2/ Œuvres complètes, en 1972 ; 3/ Œuvres complètes, en 2009.

Stendhal : 1/ Romans, I, II et III, en 1932, 1933 et 1934 ; 2/ Romans et Nouvelles, I et II en 1947 et 1948 + Œuvres Intimes en 1955 + Correspondance en 1963, 1967 et 1969 ; 3/ Voyages en Italie en 1973 et Voyages en France en 1992 + Œuvres Intimes I et II, en 1981 et 1982 + Œuvres romanesques complètes en 2005, 2007 et 2014. Soit 16 tomes différents, mais seulement 7 dans l’édition considérée comme à jour.

Deux éditions :

Beaumarchais : 1/ Théâtre complet, en 1934 ; 2/ Œuvres, en 1988.

Casanova : 1/ Mémoires, I-III (1958-60) ; 2/ Histoire de ma vie, I-III (2013-15).

Céline : 1/ Voyage au bout de la nuit – Mort à crédit (1962) ; 2/ Romans, I (1981), II (1974), III (1988), IV (1993) + Lettres (2009).

Cervantès : 1/ Don Quichotte, en 1934 ; 2/ Œuvres romanesques complètesI (Don Quichotte) et II (Nouvelles exemplaires), 2002.

Corneille : 1/ Œuvres complètes, I et II, en 1934 ; 2/ Œuvres complètes, I (1980), II (1984) et III (1987).

Diderot : 1/ Œuvres, en 1946 ; 2/ Contes et romans, en 2004 et Œuvres philosophiques, en 2010.

Gide : 1/ Journal I (1939) et II (1954) + Anthologie de la Poésie française (1949) + Romans (1958) ; 2/ Journal I (1996) et II (1997) + Essais critiques (1999) + Souvenirs et voyages (2001) + Romans et récits I et II (2009). L’Anthologie est toujours éditée et disponible.

Goethe : 1/ Théâtre complet (1942) + Romans (1954) ; 2/ Théâtre complet (1988). Je n’ai jamais entendu parler d’une nouvelle édition des Romans ni d’une édition de la Poésie, ce qui demeure une véritable lacune – que ne comble pas l’Anthologie bilingue de la poésie allemande.

Mallarmé : 1/ Œuvres complètes, en 1945 ; 2/ Œuvres complètes I (1998) et II (2003).

Malraux : 1/ Romans, en 1947 + Le Miroir des Limbes, en  1976 ; 2/ Œuvres complètes I-VI (1989-2010).

Mérimée : 1/ Romans et nouvelles, en 1934 ; 2/ Théâtre de Clara Gazul – Romans et nouvelles, en 1979.

Nerval : 1/ Œuvres, I et II, en 1952 et 1956 ; 2/ Œuvres complètes I (1989), II (1984) et III (1993).

Pascal :  1/ Œuvres complètes, en 1936 ; 2/ Œuvres complètes I (1998) et II (2000).

Péguy : 1/ Œuvres poétiques (1941) + Œuvres en prose I (1957) et II (1959) ; 2/ Œuvres en prose complètes I (1987), II (1988) et III (1992) + Œuvres poétiques dramatiques, en 2014.

Proust : 1/ À la Recherche du temps perdu, I-III, en 1954 ; 2/ Jean Santeuil (1971) + Contre Sainte-Beuve (1974) + À la Recherche du temps perdu, I-IV (1987-89).

Rabelais : 1/ Œuvres complètes, en 1934 ; 2/ Œuvres complètes, en 1994.

Retz : 1/ Mémoires, en 1939 ; 2/ Œuvres (1984).

Ronsard : 1/ Œuvres complètes I et II, en 1938 ; 2/ Œuvres complètes I (1993) et II (1994).

Rousseau : 1/ Confessions, en 1933 ; 2/ Œuvres complètes I-V (1959-1969).

Mme de Sévigné : 1/ Lettres I-III (1953-57) ; 2/ Correspondance I-III (1973-78).

Saint-Exupéry : 1/ Œuvres, en 1953 ; 2/ Œuvres complètes I (1994) et II (1999).

Saint-Simon : 1/ Mémoires, I à VII (1947-61) ; 2/ Mémoires, I à VIII (1983-88) + Traités politiques (1996).

Voltaire : 1/ Romans et contes, en 1932 + Correspondance I et II en 1964 et 1965 ; 2/ le reste, c’est à dire, les Œuvres historiques (1958), les Mélanges (1961), les deux premiers tomes de la Correspondance (1978) et les onze tomes suivants (1978-1993) et la nouvelle édition des Romans et contes (1979).

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V. Les volumes « indisponibles provisoirement »

Un volume ne s’épuise pas tout de suite. Il faut du temps, variable, pour que le stock de l’éditeur soit complètement à zéro. Gallimard peut alors prendre trois décisions : réimprimer, plus ou moins rapidement ; ou alors renoncer à une réimpression et lancer sur le marché une nouvelle édition (qu’il préparait déjà) ; ou enfin, ni réimprimer ni rééditer. Je vais donc ici faire une liste rapide des volumes actuellement indisponibles et de leurs perspectives (réalistes) de réimpression. Je n’ai pas d’informations exclusives, donc ces « informations » sont à prendre avec précaution. Elles tiennent à mon expérience du catalogue.

-> Boulgakov, Œuvres I, La Garde Blanche. 1997. C’est un volume récent, qui n’est épuisé que depuis peu de temps, il y a de bonnes chances qu’il soit réimprimé d’ici deux ou trois ans (comme l’avait été le volume Pasternak récemment).

-> Cao Xueqin, Le Rêve dans le Pavillon Rouge I et II, 1981. Les deux volumes ont fait l’objet d’un retirage en 2009 pour une nouvelle parution en coffret. Il n’y a pas de raison d’être pessimiste alors que celle-ci est déjà fort difficile à trouver dans les librairies. À nouveau disponible (en coffret).

-> Defoe, Romans, II (avec Moll Flanders). Le premier tome a été retiré voici quelques années, celui-ci, en revanche, manque depuis déjà pas mal de temps. Ce n’est pas rassurant quand ça se prolonge… mais le premier tome continue de se vendre, donc les probabilités de retirage ne sont pas trop mauvaises.

-> Charles Dickens, Dombey et Fils – Temps Difficiles Le Magasin d’Antiquités – Barnabé Rudge ; Nicolas Nickleby – Livres de Noël ; La Petite Dorrit – Un Conte de deux villes. Quatre des neuf volumes de Dickens sont « indisponibles », et ce depuis de très longues années. Les perspectives commerciales de cette édition en innombrables volumes ne sont pas bonnes. Les volumes se négocient très cher sur le marché de l’occasion. Gallimard n’a pas renoncé explicitement à un retirage, mais il devient d’année en année plus improbable.

-> Fielding, Romans. Principalement consacré à Tom Jones, ce volume est indisponible depuis plusieurs années, les perspectives de réimpression sont assez mauvaises. À moins qu’une nouvelle édition soit en préparation, le volume pourrait bien passer parmi les épuisés.

-> Green, Œuvres complètes IV. Quinze ans après la mort de Green, il ne reste déjà plus grand chose de son œuvre. Les huit tomes d’une série même pas achevée ne seront peut-être jamais retirés une fois épuisés. Le 4e tome est le premier à passer en « indisponible ». Il pourrait bien ne pas être le dernier et bientôt glisser parmi les officiellement « épuisés ».

 -> Hugo, Théâtre complet II. À nouveau disponible.

-> Jeux et Sapience du Moyen Âge. Cas évoqué plus haut de nouvelle édition en attente. Selon toute probabilité, il n’y aura pas de réédition du volume actuel.

-> Marivaux, Romans. Situation évoquée plus haut, faibles probabilité de réédition en l’état, lenteur de la nouvelle édition.

-> Mauriac, Œuvres romanesques et théâtrales complètes, IV. Même si Mauriac n’a plus l’aura d’antan comme créateur (on le préfère désormais comme chroniqueur de son époque, comme moraliste, etc.), ce volume devrait réapparaître d’ici quelques temps.

-> Musset, Œuvres en prose. Évoqué plus haut. Nouvelle édition en attente depuis 25 ans.

-> Racine, Œuvres complètes II. En probable attente de la nouvelle édition. Voir plus haut.

-> Vallès, ŒuvresI. La réputation de Vallès a certes un peu baissé, mais ce volume, comprenant sa célèbre trilogie autobiographique, ne devrait pas être indisponible depuis si longtemps. Réédition possible tout de même.

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VI. Les volumes « en voie d’indisponibilité »

Ce n’est là qu’une courte liste, tirée de mes observations et de la consultation du site « placedeslibraires.com », qui donne un aperçu des stocks de centaines de librairies indépendantes françaises. On y voit très bien quels volumes sont fréquents, quels volumes sont rares. Cela ne préjuge en rien des stocks de l’éditeur. Néanmoins, je pense que les tendances que ma méthode dégage sont raisonnablement fiables. Si vous êtes intéressé par un de ces volumes, vous ne devriez pas hésiter trop longtemps.

– le Port-Royal, II et III, de Sainte-Beuve. Comme les trois autres tomes de l’auteur sont épuisés, il est fort improbable que ces deux-là, retirés pour la dernière fois dans les années 80, ne s’épuisent pas eux aussi. Ils sont tous deux assez rares (-10 librairies indépendantes).

– la Correspondance (entière) de Voltaire. Les 13 tomes, de l’aveu du directeur de la Pléiade, ne forment plus un ensemble que le public souhaite acquérir (pour des raisons compréhensibles d’ailleurs). Le fait est qu’on les croise assez peu souvent : le I est encore assez fréquent, les II, III et XIII (celui-ci car dernier paru) sont trouvables dans 5 à 10 librairies du réseau indépendant, les volumes IV à XII en revanche ne se trouvent plus que dans quelques librairies. Je ne sais pas ce qu’il reste en stock à l’éditeur, mais l’indisponibilité devrait arriver d’ici un an ou deux pour certains volumes.

– les Œuvres de Julien Green. Je les ai évoquées plus haut, à propos de l’indisponibilité du volume IV. Les volumes V, VI, VII et VIII, qui arrivent progressivement en fin de premier tirage devraient suivre. La situation des trois premiers tomes est un peu moins critique, des retirages ayant dû avoir lieu dans les années 90.

– les Œuvres de Malebranche. Dans un entretien, Hugues Pradier a paru ne plus leur accorder grand crédit. Mais je me suis demandé s’il n’avait pas commis de lapsus en pensant à son fameux Malherbe, symbole permanent de l’échec commercial à la Pléiade. Toujours est-il que les deux tomes se raréfient.

– les Œuvres de Gobineau. Si c’est un premier tirage, il est lent à s’épuiser, mais cela vient. Les trois tomes sont moins fréquents qu’avant.

– les Orateurs de la Révolution Française. Série avortée au premier tome, arrêtée par la mort de François Furet avant l’entrée en lice de Robespierre et de Saint-Just. Elle n’aura jamais de suite. Et il est peu probable, compte tenu de son insuccès, qu’elle reste longtemps encore au catalogue.

– le Théâtre du XVIIe siècle, jamais retiré (comme Corneille), malgré trente ans d’exploitation. D’ici dix ans, je crains qu’il ne soit dans la même position que son « homologue » du XVIIIe, épuisé.

– pèle-mêle, je citerais ensuite le Journal de Claudel, les tomes consacrés à France, Marx, Giraudoux, Kipling, Saint François de Sales, Daudet, Fromentin, Rétif de la Bretonne, Vallès, Brantôme ou Dickens (sauf David Copperfield et Oliver Twist). Pour eux, les probabilités d’épuisement à moyen terme sont néanmoins faibles.

9 076 réflexions sur “La Bibliothèque de la Pléiade

  1. Comme beaucoup ici j’aime cette collection mais je trouve pénible et inadmissible que le problème avec Aubin n’est pas été résolu.

    Lombard a tout à fait raison : il faut le faire savoir…et si possible au plus grand nombre.

    Quoi de mieux que Wikipédia ? Surtout que j’ai l’impression que la plupart des articles publiés par la presse sur la collection  » pompe  » leurs infos sur la page Wikipédia de la collection…

    Alors…

    Une idée m’est venue : si quelqu’un maîtrise l’outil Wikipédia, il serait bon d’indiquer ce défaut de fabrication avec lien images sur le défaut en question…et un renvoi au blog pourrait aussi être utile.

    Peut-être que l’information finira ainsi se diffuser au plus grand nombre…

    • Un renvoi vers ce blog ne tiendra pas dix minutes, ce n’est même pas la peine d’essayer, pire encore si le renvoi est dirigé sur un fil de commentaires.
      En revanche une publication sur un site littéraire collectif plus ou moins sérieux a peut-être ses chances (au hasard Zone Critique, Diacritik, La Cause Littéraire, En attendant Nadeau).
      Reste à composer un tel article, précis, informé et documenté, puis à la faire passer.
      Bon courage.
      (je n’y crois pas une seconde, car cela sera vu comme un problème extra-littéraire de riche).

    • On pourrait même aller plus loin en listant, liens à l’appui, les volumes qui présentent les plus gros défauts ( comme le Strauss, les Stoïciens, Hugo œuvres poétiques 2, ect…. y en a tellement. )

      J’ignore si on peut être aussi exhaustif sur Wikipédia mais ça ferait une contre publicité terrible à Gallimard… Et qui sait ? Peut-être que….

      • Oui Brumes, ça me paraît compliqué également ( et encore plus depuis que j’ai lu votre commentaire )

        On peut tout de même regretter que la page Wikipédia sur la collection soit aussi élogieuse. Alors rien ne changera car les journalistes de journaux à grands tirages viennent puiser à cette source ( combien, parmis eux connaissent le problème ? Très peu à mon avis )

        Il suffit d’ailleurs de voir que presque tout les liens de la page Wikipédia renvois à des articles dithyrambique sur la collection…

  2. J’avais des raisons de redouter la mauvaise surprise. J’ai pu à mon tour feuilleter les Flaubert IV et V avant leur mise en vente, pour notamment apprécier la qualité de reliure (/impression).

    Certains se satisferont amplement de ce qui leur est proposé. Pour moi, la pilule est difficile à avaler. Nous sommes loin des désastres de certains volumes Aubin. L’impression a effectivement été prise en charge par Roto, à Lonrai, mais nous avons droit ici à une reliure tout juste passable. Tournez une centaine de pages, le papier résiste et toujours ce son désagréable de papier froissé. Glissez l’index le long du serrage du papier, et appréciez. Pour les plus sceptiques, ceux qui pensent que je pinaille, consultez le volume de Genet, imprimé en Allemagne, c’est le jour et la nuit.

    S’il y avait bien un évènement que j’attendais au plus haut point, c’etait bien la sortie des deux derniers volumes consacrés à Flaubert. Pour moi, c’est un passage obligé. Je passerai en caisse parce que la question ne se pose pas. Mais la fête aura un goût très amer.

    Que pourrais-je espérer maintenant ? Que le stock de ce premier tirage arrive à épuisement, pour espérer RAcheter ultérieurement des volumes dignes de ce nom ? En espérant que la prochaine sera la bonne…
    À combien d’exemplaires tirent-ils ce genre de parution ? Quelqu’un a-t-il une vague idée, un élément de réponse ?

  3. Voilà, enfin arrivé mon exemplaire du Paradis de Dante traduit par Michel Orcel chez Dogana.
    Bel objet qui clôt la traduction de la Comédie. A noter que Michel Orcel dédicace ce cantique à la mémoire de Philippe Jaccottet, récemment disparu, qui a approuvé et encouragé cette vaste entreprise.

    Voici, chers lecteurs, trois traductions d’un des plus beaux morceaux du Paradis : chant XXX, 58-69.

    Traduction Michel Orcel :

    « Et de vision nouvelle m’enflammai,
    d’une vision que, si vive fût-elle,
    N’aurait blessé mes yeux nulle lumière.

    Et lors je vis un fleuve de clarté,
    ruisselant de rayons, entre deux rives
    d’admirable printemps toutes fleuries.

    De ce courant jaillissaient étincelles
    qui, de partout, retombaient sur les fleurs
    Comme de l’or sertissant des rubis ;

    et puis comme enivrées par les parfums,
    Ell’ replongeaient dans le mirable fleuve,
    Et l’une emplaçait l’autre incessamment. »

    Traduction André Pézard :

    « et de nouvelle vue je me rallume
    telle qu’il n’est clarté si pénétrante
    de quoi mes yeux ne se puissent défendre.

    Je vis lumière en forme d’un grand fleuve,
    roulant sa reflambie entre deux rives
    peintes de trop mirable primevère.

    De son débord mille étincelles vives
    saillaient, de toutes parts, et dans les fleurs
    se coulaient, tels des rubis cerclés d’or ;

    et puis comme enivrées par les senteurs
    se replongeaient dans le merveilleux gouffre,
    et l’une entrant, l’autre en jaillissait hors. »

    Traduction Henri Longnon :

    « Une nouvelle vue en mes yeux s’alluma,
    Telle qu’il n’est de lumière si vive
    Que mes regards n’eussent pu supporter.

    Je vis une clarté sous la forme d’un fleuve
    Éclatant de splendeur, filant ente deux rives
    Tout émaillées d’un printemps merveilleux.

    De ce torrent sortaient de vives étincelles,
    Qui de tous les côtés se posaient dans les fleurs,
    Ainsi que des rubis enchâssés dans l’or pur ;

    Après un temps, comme ivres de parfum,
    Elles se replongeaient dans un gouffre admirable,
    Et, dès que rentrait l’une, en ressortait une autre. «

    Et comme petit bonus, je rajoute un extrait de cet extrait, de Kolja Mićević, lui aussi disparu il y a quelques mois, et qui a travaillé vingt-cinq ans sur la Comédie et dont le bilan est : trois traductions successives en langue française (la dernière aux éditions Ésopie) et une en serbe. Ce monsieur est un véritable « personnage » et se veut être un maitre-rimailleur (je vous laisse le découvrir dans ses vidéos sur Internet).

    « Et d’une vue neuve je me rallumai,
    telle, qu’il n’est de clarté si claire
    que mes yeux ne pourraient assumer.

    Et je vis en forme de fleuve, la lumière
    éclatante d’éclat, entre deux bords
    peints en belles couleurs printanières. »

    Bonne lecture.

    • Ma préférence va vers les interprétations de Longnon et Orcel. La vision de Pézard me dérange.

      La traduction par Longnon me semble la plus ancienne. Plus classique. Datée, diront peut-être certains ?

      • La version Longnon est d’une platitude à pleurer.
        Vouloir actualiser et rendre aisément lisible Dante revient à l’émasculer.
        Il n’en reste quasiment rien.
        Alors je continuerai à défendre Pézard (je trouve, dit entre parenthèse, que la version de Kolha Micevic semble reprendre plusieurs de ses leçons) tout en trouvant des vertus à celle d’Orcel, mais aussi des faiblesses.
        Je remarque que Orcel et Péazard semblent d’accord sur le premier vers : « vision nouvelle m’enflammai » et « de nouvelle vue je me rallume », tandis que Longnon soutient tout le contraire avec son « une nouvelle vue en mes yeux s’alluma »… Je n’ai pas sous les yeux le texte original pour savoir lequel ou lesquels trahissent le texte de Dante, mais le fait que le quatrième traducteur écrit également « d’une vue neuve je me rallumai » ne plaide guère en faveur de Longnon (à moins qu’il ait raison, seul contre tous).

        Je laisse à de plus savants le soin d’en décider.

        • La traduction de Henri Longnon date de 1938.

          Le texte original :
          « e di novella vista mi raccesi
          tale, che nulla luce è tanto mera,
          che li occhi miei non si fosser difesi;

          e vidi lume in forma di rivera
          fulvido di fulgore, intra due rive
          dipinte di mirabil primavera.

          Di tal fiumana uscian faville vive,
          e d’ogne parte si mettìen ne’ fiori,
          quasi rubin che oro circunscrive;

          poi, come inebriate da li odori,
          riprofondavan sé nel miro gurge;
          e s’una intrava, un’altra n’uscia fori.  »

          Puis une tentative de paraphrase (en italien) trouvée sur le Net :
          « e acquistai una nuova capacità visiva, tale che non esiste una luce tanto intensa che i miei occhi non riuscissero a sostenerla;
          e vidi una luce in forma di fiume, di fulgore rosseggiante, tra due rive ornate di bellissimi fiori primaverili.
          Da questo fiume uscivano delle faville splendenti, e si mettevano da ogni parte tra i fiori, simili a rubini incastonati nell’oro;
          poi, come se fossero inebriate dal profumo, si risprofondavano nel mirabile gorgo (il fiume di luce); e se una vi entrava, un’altra usciva subito fuori »

          Quant au franco-serbe, Kolja Mićević, je le connaissais pour sa passe d’armes avec Danièle Robert sur le sujet de la traduction en tierce rimes (cf http://editions-esopie.com/textes-daniele-robert/). Mićević, revendiquant être le premier et le seul à savoir le faire; il signe même sa traduction : « Traduction rimaginée selon Kolja Mićević » !
          J’ai regardé la suite des 7 épisodes de sa conférence sur Dante, l’année dernière et quelque mois avant sa mort, (https://www.youtube.com/watch?v=s5a-zrFpkvA) et je ne sais toujours pas si j’avais en face de moi un charlatan ou un translateur très « original ».
          J’ai donc décidé de le faire participer à ma prochaine table de lectures du Paradis de Dante (avec Orcel, Pézard, Longnon et j’hésite sur le Vegliante).

          La traduction de Longnon est harmonieuse, coule comme un long fleuve tranquille; pas de parti pris si ce n’est l’utilisation mixte du décasyllabe et de l’alexandrin, pas de toc poétique dit « moderne » (archaisme outrancier, fidélité syntaxique audacieuse). Michel Orcel dit de sa traduction la chose suivante :
          « musicale, trop musicale, et qui n’évite pas la fâcheuse tendance française à user souvent de l’alexandrin ».

          • Revpop.Je rends hommage à vos connaissance et votre désir de les partager et je n’ai aucune prétention mettre mon incompétence en langue italienne médiévale face à vos compétences. Il n’est donc pas question pour moi de m’engager sur le terrain «technique». Pardonnez donc mon audace.

            Permettez-moi cependant de donner mon simple point de vue de vieux lecteur passionné et assidu et d’écrivain, donc d’artisan qui a tout au long de sa vie manié la langue – et notamment la langue poétique. De ce point de vue, je continue à émettre des réserves sur la version Longnon. Elle est certes élégante et aisée, et évite les archaïsmes de l’un, les aventureuses créations de l’autre, les complications, ce que vous qualifieriez de «toc poétique». Vous écrivez que la traduction de Longnon «coule comme un long fleuve tranquille». Mais, l’oeuvre de Dante peut-elle être qualifiée de «long fleuve tranquille» ? Peut-on imaginer un Dante dont la langue n’est pas difficile et parsemée d’obstacles ? Doit-il, payer son passage dans la langue française au prix de la clarté, de l’élégance et de l’harmonie, au point de ressembler au «Poète impeccable – au parfait magicien ès Lettres françaises» Théophile Gautier ?

            Pour ma part – il s’agit là, je le répète, d’un simple avis de lecteur passionné et de praticien, une sorte de «médecin de campagne» des Lettres -je préfère buter sur les cailloux parsemés sur d’autres voies non macadamisées, qui ne cherchent pas à aplanir les chemins escarpés empruntés par Dante.

  4. Bien qu’elle demande un véritable effort, je trouve la traduction de Pézard tout à fait géniale pour ma part. On sent véritablement la puissance de la langue à l’œuvre. Je dis cela sans pouvoir comparer avec l’original. Les autres traductions me paraissent fades en regard, bien que celle de Longnon ait quelque charme.

    • Pas mieux que l’ami Vidar. Une certaine tendresse également pour la vieille traduction que le sensible poète romantique Brizeux réalisa dans une prose de bon artisan. Un jour ou l’autre, je soumettrais ici un essai de traduction, en prose nombreuse comme celle de l’épisode virgilien de Laocoon, pour tel ou tel chant dantien. Quiconque a longue pratique des rythmes de la poésie en langues indo-européennes ne saurait être tant soit peu épris des versions versifiées prétendant évoquer en français une idée, fût-elle lointaine, du mètre original que ce soit pour Dante, Homère, Virgile et la poésie épique latine d’argent, les épopées hindoues, ougaritiques, mésopotamiennes, ou l’hymnique égyptienne ; la prose la plus souple a déjà bien du mal à épouser les contours du riche et compact sémantisme de la langue de départ même dans le cas de poèmes épiques plus abondants en mots et figures qu’en idées, les Dionysiaques de Nonnos de Panopolis ou la Thébaïde de Stace, de loin l’épopée postvirgilienne la plus ornée et difficile (très mauvaise traduction Budé de Lesueur, dans la lignée du détestable Lucain de Bourgery) ! Les exceptions, telle la sublime traduction en décasyllabes vers pour vers de la Chanson de Guillaume réalisée par Jeanne Wathelet-Willem, mère de l’homériste Paul Wathelet, sur la base d’un texte reconstitué et hypothétique (1975), sont des cas particuliers qui s’expliquent par des spécificités d’espèce.

      • Nous allons vous surprendre, mais nous sommes également d’accord avec M. Vidar, à condition d’avoir assimilé le Glossaire que le grand italianiste Pézard a dû joindre à sa version (dans le cas contraire, il faut avouer que cette lecture est entravée presque à chaque pas…) : voyez, par exemple, /André Pézard, autobiographe, italianiste, romaniste et médiéviste/, dir. M. Gally & E. Marguin-Hamon, Classiques Garnier, 2017, 375 p.
        Il est bon, croyons-nous, qu’un traducteur d’un siècle bien postérieur au texte qu’il traduit, lise AUSSI les écrivains (et, en l’occurrence, les poètes) de son propre siècle : tel n’est pas toujours le cas chez d’éminents universitaires (mais André Pézard était beaucoup plus que cela, nous le répétons).
        Bien cordialement,
        uapi

  5. Rassurez-vous, chers lecteurs, je ne suis aucunement un spécialiste mais plutôt un simple goûteur de poésies, et ceci depuis peu.
    Il est vrai qu’il y a un peu plus de deux ans, à l’aube d’une nouvelle ère de ma vie, j’ai franchi le fameux Rubicon, abandonnant par là-même les livres « monde», les œuvres totalisantes, qui ont occupé une très grande partie de mes lectures pendant quelques décennies, laissant la portion congrue à la poésie.
    Laissez-moi filer une anecdote; je ne savais pas quand j’ai découvert ce site, au moment donc où j’accostais les rives poétiques, que j’allais croiser un intervenant, ici-même, qui m’avait enchanté, trente ans auparavant, par l’écriture d’un ouvrage de vulgarisation sur les grands romans du monde entier chez Bordas. A vrai dire, c’était la fin d’une époque où je me gavais encore de dictionnaires sur les littératures de tous les pays et pour ainsi dire j’en lisais plus que de romans. Bien que, la plupart du temps, j’étais très réticent sur ce genre de pensum, car je ne trouvais rien dans leur contenu pour alimenter ma passion brûlante, je fus, ici, très positivement surpris par la qualité des romans proposés dépassant de loin les sempiternelles classiques archi-usés. Plus spécialement deux choses m’ont fait dire que cet auteur possédait en plus d’une vision large du spectre littéraire, qui allait bien au-delà du domaine franco-français, un goût sûr et pointu qui sortait des sentiers battus : primo, intégrer non pas quatre ou cinq mais les six grands romans chinois était pour moi du jamais vu (en dehors des études spécialisées), deuxio, mettre en avant une dizaine de romans sud-américains pour les années 50/60 (les Lezama Lima, Carpentier, Fuentes, Garcia Marquez, Cortazar …) ne pouvait que faire battre à la chamade mon cœur, moi qui pendant longtemps n’ai acheté que des romans de ce continent.
    In fine, cette histoire de la littérature est toujours très bien placée dans ma bibliothèque à côté des « maîtres de la science-fiction » de Lorris Murail dans la même collection « Les compacts » mais aussi du Pierre-Yves Pétillon sur la littérature américaine, le Milosz sur la littérature polonaise, le Mossé sur la littérature allemande ou le petit que sais-je sur la littérature hispano-américaine.
    Merci encore à Domonkos, le vrai connaisseur !
    Pour revenir à nos moutons, à notre sujet sur les différentes traductions de Dante, oui, je suis tout à fait d’accord avec vous sur le côté lisse, voire (légèrement) aseptisée de la version d’Henri Longnon mais je dois concéder que son aisance, sa maitrise du rythme, ont de grands atouts pour moi surtout si vous comparez sa traduction à celles de J. Risset ou de D. Robert où pour icelles je dois me ranger dans le camp des diatribes plus qu’incendiaires de notre ami Neobirt7 !
    S’agissant de la langue de Dante (dont je ne comprends pas l’original, je le dis tout de suite) mais à l’aune de ce que j’ai pu lire des différentes traductions, je dirais que sa nature, sa spécificité est moins «les chemins escarpés » ou « caillouteuses » qu’elle emprunte, qui pourrait sous-entendre, donner lieu à une langue rocailleuse, âpre (ce qu’est pour moi la version de Vegliante), que son agilité, sa souplesse, voire sa virtuosité. J’ai comparé dans un post ancien, la langue de Dante à un cerf-volant qui zigzague, virevolte dans le ciel bleu en traçant de grands mouvements vifs et lents, tout en gardant toujours net son motif coloré.
    Voilà l’impression (peut-être erronée au regard des spécialistes) que me donne cette langue à travers ses traductions. Pour compléter, ou pour le mieux dire, Michel Orcel, dans son introduction de l’Enfer, répondant au concept de vitesse émis par J. Risset, disait ceci :
    « Rien n’est plus éloigné de la vitesse que ce pèlerinage du poète […] Que de lenteurs, de désirs de s’arrêter, que de stations, de ruptures de rythmes et d’émotions ! »

    Et pour conclusion, je dirais de ne jamais se satisfaire, pour un poète de langue étrangère, d’une seule et unique traduction, goûtez-en plusieurs, quitte à en rejeter quelques unes, et vous sentirez toute l’efflorescence de ses parfums !

    • Vous me faites regretter certains termes sans doute inadéquats par moi employés et qui ne sauraient rendre justice à la langue de Dante.La difficulté ne provenant pas de lui mais de notre éloignement. Il est difficile de s’exprimer avec toutes les nuances nécessaires, faute de temps, de place, de réflexion. Il n’est pas permis de revenir sur ce qui est écrit, de le modifier, le corriger, voire le supprimer (ce qui arrive habituellement deux fois sur trois, et la troisième n’est jamais qu’un pis-aller).

      Il n’est effectivement pas possible de se contenter d’une seule traduction des grandes oeuvres, notamment des grandes oeuvres poétiques, mais s’il est un mot que je déteste par-dessus tout et récuse chaque fois que je le rencontre sous la plume d’un traducteur ou d’un introducteur d’une oeuvre étrangère, c’est le mot « intraduisible ». Je ne peux m’empêcher d’y voir, pire qu’un aveu d’impuissance, le cri d’un avare soucieux de garder pour lui seul ses trésors.

      De toute façon, tout est traduction, de la pensée ou la rêverie au texte écrit on est bien dans le passage d’une langue à l’autre, et, son propre traducteur, désespéré de se traduire si mal.

      Je rêve de ne lire plus que de la poésie ou bien de transformer en poésie tout ce que je lis.

      • Merci, Domonkos, pour toutes ces précisions et pour ce dernier (joli) axiome.

        « Quand nous lisons une traduction, quelle que soit sa qualité, c’est le traducteur que nous lisons »
        George Steiner

        Voici une conférence sur la traduction en deux parties avec Jean-Yves Masson que j’ai trouvée très intéressante; Jean-Yves Masson étant un traducteur que je suis de très près (Yeats chez Verdier, Rilke chez Imprimerie Nationale) et dont je viens d’apprendre, en effectuant des travaux préparatoires sur les poèmes italiens de Pétrarque pour une prochaine table de lectures, qu’il aurait dû traduire l’ensemble du Canzionere chez Belles Lettres en 2004.
        Ce qui ne s’est pas fait.
        Dommage car aujourd’hui les trois traductions (modernes) complètes de ces 366 poèmes ne sont pas du tout à la hauteur de mon point de vue (Genot chez Belles Lettres, Blanc chez Garnier et Ceccatty chez Poésie/Gallimard). Heureusement qu’il existe deux traductions qui m’ont l’air excellentes (mon travail n’est pas du tout terminé), l’une est du suisse George Nicole chez Mermod (la fameuse filière suisse avec Philippe Jaccottet et Gustave Roud entre autres !), l’autre est d’André Ughetto aux éditions le Bois d’Orion.
        Je me répète, mais quel dommage quand vous lisez les quelques poèmes traduits par J.Y. Masson dans la revue Europe n°902-903 (Juin-Juillet 2004).

        Voici les deux liens :
        Partie 1 : https://youtu.be/hTf5QChtIAw
        Partie 2 : https://youtu.be/72wpBylWgHA

  6. Pour poursuivre notre post sur GM Hopkins, je vous propose de découvrir ce sublime poète par sept traductions différentes de la treizième strophe de son Opus Magnum : The Wreck of the Deutschland, ode de 35 huitains.
    Ce poème raconte le naufrage du Deutschland, dans la nuit du 6 au 7 décembre 1875. À bord de ce navire se trouvaient cinq franciscaines allemandes expulsées de leur pays par les lois anti-catholiques de Bismarck (lois Falk).

    Version originale :

    « Into the snows she sweeps,
    Hurling the Haven behind,
    The Deutschland, on Sunday; and so the sky keeps,
    For the infinite air is unkind,
    And the sea flint-flake, black-backed in the regular blow,
    Sitting Eastnortheast, in cursed quarter, the wind;
    Wíry and white-fiery and whírlwind-swivellèd snow
    Spins to the widow-making unchilding unfathering deeps. »

    Traduction de Jean Mambrino s. j., Europe n° 925, mai 2006.

    « Dans les bourrasques bondit,
    Se projette loin du port,
    Le Deutschland, ce dimanche, sans que le ciel varie,
    Car l’air cruel est infini,
    Et la mer étincelles-de-silex, dos-noir sous le vent régulier
    Souffle de l’Est-Nord-Est, exécrable quart ;
    La raide neige blanc-brûlant touille-et-tourbillonne au vent
    Vrille aux abîmes faiseurs de veuve, voleurs de pères et d’enfants. »

    Traduction de Pierre Leyris, éditions du Seuil, 1957.

    « Par les neiges il fonce,
    Loin derrière rejetant le port,
    Le Deutschland, ce dimanche ; et tel reste le ciel,
    Car hostile est l’air infini
    Et la mer éclat-de-silex, dos-noir dans la franche tourmente,
    Le vent soufflant de l’est-nord-est, ce rhumb maudit ;
    La roide neige blanc-argent qui tourne-tourbillonne au vent
    Gire aux abîmes faiseurs de veuves, preneurs de pères, preneurs d’enfants. »

    Traduction de René Gallet, éditions Orphée/La Différence, 1991.

    « Dans la neige s’avance,
    Rejetant derrière lui le Port
    Ce dimanche, le Deutschland; et le ciel ne varie pas,
    Car l’air infini menace,
    La mer écailles-de-silex, noire-échine sous la bourrasque constante
    Et venant d’est-nord-est, quart exécrable, le vent ;
    Dards de feu-blafard, vrilles-tourbillonnantes, la neige
    Fond vers les abîmes qui enveuvent, désenfantent et désengendrent. »

    Traduction de Bruno Gaurier, éditions du Cerf, 2019.

    « Dans les neiges il s’enfonce
    Laissant le port en son sillage,
    Dimanche le Deutschland ; ainsi reste le ciel,
    Car infini l’air est contraire,
    Et la mer aux paillettes-silex, dos-noir par vent bien établi,
    Orienté Est-Nordé, quadrant maudit ;
    Rude neige au blanc d’argent et tournoyante en la tourmente,
    Toupie aspirée aux abîmes pourvoyeurs de veuves, mangeurs de pères et d’enfants. »

    Traduction de Jean-Georges Ritz, éditions Aubier, 1980.

    « Dans la bourrasque de neige, il plonge
    Rejetant le port loin derrière lui,
    Le Deutschland, en ce dimanche; et le ciel reste inchangé,
    Car l’air infini et cruel,
    Et la mer est paillettes de silex, noire échine dans le souffle implacable
    Du vent, sis est-nord-est, quart maudit;
    Métallique, la neige blanc-de-flamme, tourbillonne dans la tempête,
    Tournoie vers les abîmes, faiseurs de veuves, ravisseurs d’enfants, et de pères. »

    Traduction d’Ivar Ch’Vavar, Le Jardin ouvrier n° 5, janvier 1996.

    « À travers les neiges il s’élance,
    Repoussant le port loin derrière,
    Le Deutschland, ce dimanche ; et tel le ciel demeure,
    Parce que l’espace sans fin est méchant ;
    La mer écaille-de-silex, dos noir, dans la rafale régulière ;
    Assis à l’Est-Nord-Est, secteur maudit, le vent ;
    Drue et d’un blanc éblouissant, tourbillonnant dans l’enroulement du vent, neige
    Pivote sur les abîmes qui font les veuves, qui ôtent pères et enfants. »

    Traduction Robert Marteau, éditions du Grand Est, 2011.

    « Dans les neiges qu’il nie
    Il hâte le Havre an arrière
    Le Deutschland, ce dimanche; ciel sinistre,
    A l’infini, l’air hostile,
    Et la mer éboulis, noire échine sans cesse explose,
    Sis est-nord-est, quart maudit, le vent;
    En fils et furie blanche et ventée virevoltante la neige
    Tournevire jusqu’aux abîmes faiseurs de veuves défaiseurs de pères et d’enfants. »

    Je vous souhaite Bonnes Lectures !

  7. Bonjour à tous.

    J’envisage l’achat prochain en Pléiade des 2 volumes Alexandre Dumas. Ma question beaucoup la connaisse ici : est-ce une édition par Aubin ou Normandie Roto ? Dans le pire des cas ( c’est-à-dire Aubin ) je me tournerai vers une édition de poche.

    P-s : j’espère ne pas vous agacer avec ce genre de question de bas niveau qui ramène tout à mon intérêt personnel ( svp les trolls Ulysse, Sophie et co’ ne vous acharner pas sur moi. Je ne saurai quoi vous répondre car je n’ai pas la répartie terrible et implacable d’un Domonkos )

    C’est que je n’ai pas de libraire à proximité. Je commande en ligne et donc ne veux avoir de mauvaise surprise.

    Merci d’avance.

    • Le Comte de Monte-Cristo : Aubin, achevé d’imprimer le 12 avril 1999
      reliure correcte
      Les Trois Mousquetaires : Normandie Roto Impression, achevé d’imprimer le 23 août 2004
      reliure correcte

      Bonne lecture avec le père Dumas.

    • [message totalement sans intérêt et censuré par M. des Brumes, qui a autre chose à faire que de lire des insultes personnelles]

      • « Je rêve de ne lire plus que de la poésie ou bien de transformer en poésie tout ce que je lis »
        Je crains que vous ne voyiez de la « vanité » là où ne se trouve que votre incapacité à comprendre ce que vous lisez. Quand on songe à la bêtise de votre pseudonyme, il ne devrait pas y avoir lieu de s’étonner.

        Décidément, la médiocrité envahit tous les yeux et n’a de cesse que d’y établir son pouvoir sans partage. Attristant et décourageant.

      • [message totalement sans intérêt et censuré par M. des Brumes, qui a autre chose à faire que de lire des insultes personnelles]

        • Je suis extrêmement las. Sachez désormais que chaque fois que j’estimerai les limites de la courtoisie franchies pour de mauvaises raisons, je censurerai les messages des intervenants, quels qu’ils soient, et en remplacerai le contenu par la formule suivante :

          [message totalement sans intérêt et censuré par M. des Brumes, qui a autre chose à faire que de lire des insultes personnelles]

  8. Les ouvrages sont anciens, achetez-les donc d’occasion, on trouve des ouvrages des années 60 70 ou 80 en parfait état de conservation et pas imprimé par Aubin.

    • C’est aussi une solution. Il m’est arrivé d’acheter d’occasion pour éviter la reliure désastreuse de certains volumes ( par exemple les Stoïciens… )

      Cette solution fonctionne bien pour les ouvrages antérieure au début des années 90.
      Mon Aubin le plus ancien est de 1994.

      • Surtout que les ouvrages sans jaquette n’ont pas du tout la même classe. Alors si en plus ils sont mal reliés…
        J’ai découvert tous les problèmes des pleiades récents en lisant ces pages ici. Depuis j’ai acheté pas mal d’ouvrages (pré-1991). Il me paraît assez évident que la collection pleiade suit une pente capitaliste bien connue qui ne peut mener qu’à la perte : s’appuyer sur la bonne réputation d’une marque, acquise au prix d’une exigence de qualité, pour faire baisser cette qualité et donc les coûts de production et augmenter les marges sur le dos des gogos qui croient encore à la bonne tenue de la marque. Pendant un temps, la bonne réputation se poursuit au-delà de la médiocrité, et puis à un moment, il y a une prise de conscience de plus en plus massive qui conduit à déposer la clef sous la porte. Par exemple Habitat, qui a essayé de faire de l’Ikea cher et de mauvaise qualité, avant de se faire racheter par Ikea. on pourrait multiplier les exemples.
        La disparition me semble l’avenir quasi inéluctable de la collection de la pleiade, dont le changement majeur ne concerne plus que les hausses de prix.

  9. Les récents « échanges » et la récente décision de suppression de commentaires de Brumes me semble poser une question: ce site a-t-il encore une raison d’être ? Conçu semble-t-il initialement pour donner des informations sur la collection de la Pléiade, il est devenu au fil du temps un déversoir d’acrimonie et d’aigreur, qui contre les volumes de la Pléiade eux-mêmes, qui contre les intervenants sur ce site. Hormis quelques notables exceptions, essentiellement pour ne pas dire exclusivement les commentaires de NeoBirt7, qui se font de plus en plus rares depuis la fin de l’année 2020, que reste-il d’utile et d’intéressant, d’instructif et d’utile dans ces commentaires ? En tant qu’amoureux de la Pléiade, qui ne prend jamais la parole sur ce blog mais lit tout ce qui s’y écrit, je serais tristement tenté de répondre: quasiment rien aujourd’hui et depuis quelque temps. Aux messages agressifs et inintéressants répondent des messages non moins agressifs et inintéressants. Ce qui s’est perdu, c’est l’intérêt et l’enthousiasme du début pour une collection, l’information plus que l’étalage de sentiments personnels et de pronostics sur le devenir d’une collection entre les mains salies de capitalistes sans scrupules déguisés en éditeurs, ect.
    Si il’ne revient pas à ses sources, ce site aura juste perdu sa raison d’être, et l’on comprend, comme l’on partage, la lassitude de son créateur.

    • Personnellement je serais navré que ce blog disparaisse. J’y suis maintenant attaché, et même si le contenu est inégal, j’ai toujours plaisir à le lire. La décision de Brumes de censurer les attaques personnelles me parait très sage, l’ambiance de morosité qu’on peut reprocher au blog ne peut qu’en être améliorée. Je ne pense pas que l’enthousiasme du début ait disparu, mais d’une manière générale il faudrait plus insister sur les aspects positifs de la collection. Je suis en ce moment en train de lire le tome 1 des romans de Cendrars que j’ai découverts grâce à la Pléiade. C’est une belle réussite éditoriale avec des fragments romanesques très intéressants en plus des romans plus connus.

    • Je comprends le sens de votre intervention, teintée de déception quant à l’évolution du contenu du blog de Brumes.
      Il est vrai qu’en ses commencements, il était essentiellement informatif.
      L’information se faisant de plus en plus rare, certains sujets s’épuisant, il est devenu de plus en plus critique (au sens noble du mot, et, comme on dit en matière d’instruction judiciaire, « à charge et à décharge »).

      Les causes de cette évolution seraient-elles imputables à la seule volonté des intervenants (on peut imaginer une augmentation de l’exigence de ces derniers, voire les accuser d’être blasés et de cracher dans une soupe qu’ils ne trouvent plus à leur goût) ou bien trouveraient-elle, au moins pour partie, dans l’évolution de la collection elle-même ?
      Est-il, par exemple, interdit de constater que la part des grands maîtres incontestés ou peu contestables s’est réduite, parmi les nouvelles entrées ? Par suite d’un mouvement fort naturel, d’ailleurs.

      Des questions se posent, effectivement, sur l’évolution du blog, voire des remises en question. Quant à moi, je ne prendrai aucune position, ne me sentant investi d’aucune légitimité à ce faire.

      Brumes est, comme le charbonnier, patron chez soi, et je n’ai aucun conseil à lui donner sur la façon de mener sa maison. Si je me croyais la moindre compétence en ce domaine – et c’est là un avis tout à fait personnel, n’engageant que moi-même – je créerais tout bonnement mon propre blog, ce qu’à Dieu ne plaise !

      • Façon de dire que je me contenterai dorénavant – sauf regrettable et exceptionnelle rechute d’ivrogne – du rôle le lecteur et d’observateur muet. Il me déplaît souverainement de recevoir des coups, et plus encore, peut-être, d’en donner en retour (que je paie en monnaie de regrets et de remords). Wait and ses. Ou, motus et bouche cousue, en bon français.

        • Je n’ai pas dit qu’il fallait s’interdire les critiques négatives, mais simplement qu’il faut aussi relever les points positifs.

          • Rassurez-vous, je n’ai point voulu dire que vous l’aviez dit. Pas de malentendu.

            J’ai simplement voulu dire que l’évolution de ce blog, de « ‘l’information » à la « critique » est sans doute plus dépendant de l’évolution de la collection (de celles de l’époque, du lectorat, etc. aussi), que de personnes malintentionnées.

            Une évolution discutable, évaluable, critiquable également, mais assez « naturelle ».

  10. J’adhère en partie à vos propos, Hervé et André-Louis.

    En partie : pourquoi ? Simplement car je considère qu’il faut parler des aspects positifs mais aussi des aspects négatif à condition d’argumenter.

    L’aspect négatif le plus préjudiciable étant les livres imprimé par Aubin. Il faut le dire et je continuerai tant que le problème ne sera pas résolu ( depuis le début 1990 ça fait long déjà. )

    Un autre aspect négatif : les volumes épuisés.

    Comment peut-on passer sous silence que des écrivains tels que Boileau, Malherbe, Aubigné, Saint François de Sales, ect…(et probablement bientôt Malebranche et Fénelon ) sont expulsés définitivement de la collection sous prétexte qu’ils ne de vendent trop peu ? Il faut le dire et s’en désoler

    Je finirai par un aspect positif : le tome 5 des œuvres complètes de Flaubert est une merveille ( tant au niveau du contenus que de l’annotation… ).

    • Bien sûr, mais la critique et l’évocation des aspects négatifs peut se faire avec mesure, c’est-à-dire avec rigueur, comme vous le faites, plutôt qu’autrement. (J’écris « autrement » pour ne pas lancer de polémique).

      • Tout à fait d’accord avec vous.

        Ceci dit concernant les volumes épuisés je serai le 1er à me réjouir qu’ils soient, à terme, de nouveau disponible.

        Quant aux volumes imprimés par Aubin je dois reconnaître que depuis 6 ou 7 ans ils se font rares ( soit depuis que certains volumes sont imprimés en Allemagne ). Donc le problème a été reconnu ; peut-être sera-t-il un jour définitivement résolu…

  11. Bonjour à tous,
    Petite question (Neo-birt7, si vous êtes dans le coin ?)
    Mon libraire me dit qu’il n’a pas « Historiciser le mal » (que j’ai commandé il y a une semaine), mais que le livre est en réimpression.
    Je suis très surpris par cette histoire de réimpression. Il me semblait que le tirage était limité à 10.000 exemplaires.
    La dernière fois que le même libraire m’a dit « je n’ai pas le livre, mais ah ah, pas de problème, c’est en réimpression », c’était également pour une édition limitée, l’intégrale Conan, qui n’était pas du tout en réimpression, et que je n’ai pu ensuite me procurer, avec beaucoup de difficultés, qu’en la payant 4 fois le prix.
    Réimpression d’Historiciser le mal : quelqu’un a des infos là-dessus ? Je suis très perplexe.
    Merci.

  12. Historiciser le Mal ne fait l’objet d’aucune mise en place chez les libraires ni chez les commerçants en ligne tel Amazon; ils n’ont pas été autorisés à le commander et à le proposer à la vente, de sorte qu’il convient de se le procurer directement auprès de la maison d’édition. Je ne suis pas outre mesure satisfait du travail de francisation de l’appareil critique allemand de l’édition de 2016 (la traduction de l’original hitlérien elle-même m’irrite grandement, ne fût-ce que par son révisionnisme lexical), mais la Pléiade n’ayant nul rapport, même fortuit, avec cette thématique, on me pardonnera de couper court.

  13. Bonjour

    Savez vous si Le Comte de Monte-Cristo est disponible uniquement en « version Aubin »?
    Je ne suis pas familier de La pléiade mais la qualité d’impression me laisse sur ma faim. Au prix de l’ouvrage j’en espérais mieux.

    Merci

    • J’ai la chance d’avoir un tirage Bolloré / Aubin de 2011 qui est très correct, mais ce n’est pas fréquent.
      Si vous voulez de la belle ouvrage, je vous conseille l’impression originale de 1981 sur bible Jeand’heurs par Darantière, qui est à mon sens magnifique.
      Le mieux est encore de feuilleter en librairie avant d’acheter.

        • Les pléiades étant acquises par les librairie jusqu’au moment où elles sont vendues, et ne faisant pas l’objet d’un retour à l’éditeur, vous avez une chance de trouver ce volume là où il ne s’est pas vendu. S’agissant d’un auteur populaire, je crains que vous ne trouviez pas sans écumer chaque librairie et leur demander pour feuilleter le volume.

        • Non, mais les exemplaires d’occasion en excellent état peuvent se trouver, les lecteurs de la Pléiade ne sont pas tous des cornichons avec leurs livres !

    • Bonjour,
      Si la théorie du changement de prix implique une nouvelle impression, alors voici un tableau
      qui peut donner une idée aussi du changement d’imprimeur.
      année 2005 prix : 49 €
      année 2007 prix : 50 €
      année 2009 prix : 55 €
      année 2012 prix : 56 €
      année 2015 prix : 58 €
      année 2017 prix : 60 €
      année 2020 prix : 62 €
      Autant dire qu’il y aurait un retirage tous les 2 ou 3 ans.
      Le Comte de Monte-Cristo continue son succès.

  14. Bon me reste qu’à partir en chasse. Qu’en est-il de Faulkner et Maupassant?

    J’avais ouvert un Pleiade il y a quelque temps et j’avais été impressionné par la netteté de l’impression avec cette encre bien noire et bien nette sur un joli papier. Là j’ai l’impression d’une encre délavée et hétérogène. Je me fais des idées ?

  15. Depuis que l’on est passé à l’impression numérique, il ne faut plus espérer des encres qui tiennent des siècles comme par le passé. Les tenants du numérique assurent une qualité « comparable à celle de l’offset ». En réalité on parle d’une comparaison avec les rotatives, bien connues pour imprimer nos quotidiens. Rien à voir avec l’impression feuille à feuille à l’ancienne.
    J’étais hier chez un bouquiniste qui proposait des éditions de nos classiques imprimées et reliées au XIXe siècle. La netteté de l’impression, la qualité du papier et de la reliure, la fraîcheur de l’ensemble (aucune tâche rousse !), tout ça pour des sommes quais dérisoires, ça fait rêver.
    Sans en être déjà à l’obsolescence programmée (mais pour combien de temps encore ?), il semble que le numérique creuse la tombe de l’édition comme de bien d’autres secteurs.

  16. Je ne suis pas pléiadophile (j ‘ai une petite dizaine de volumes et quelques albums ).Certains
    d’entre vous se plaignent de la qualité matérielle de la collection .Vous ètes en droit de deman-
    der la qualité , étant donné le prix (60 à 70 euros).Mais vous semblez oublier que la Pléiade,
    c’est de la reliure INDUSTRIELLE .Les éditeurs ne publient presque plus de livres constitués de
    cahiers cousus.C’est du livre de poche amélioré , en plus grand format .On peut trouver chez
    les bouquinistes des volumes brochés , bien imprimés , sur papier de qualité ( vergé ou velin ) et pour un prix raisonnable .Il y a parfois une préface mais pas de notices, notes et notules ! Ce
    n’est pas la Pléiade , c’est autre chose .Ceci dit , je comprends que certains lecteurs apprécient
    cette collection .(j’ai découvert Simenon gràce à la Pléiade ) .

    • Vous soulevez là un point important : personnellement, je connais ou rencontre des bibliophiles, des amateurs de belles reliures, mais je n’en ai jamais entendu aucun s’intéresser à la Pléiade.
      S’il s’en trouve, je ne les point rencontrés.
      Personnellement, ce n’est pas ce que je recherche dans la Pléiade. (Ce qui ne veut pas dire que je me résigne à certains volumes vraiment mal reliés et très inconfortables à l’usage.)

      • Le débat n’a en effet rien de « bibliophilique ».
        C’est bien la compacité du poche, associée à l’exigence du contenu et à son exhaustivité que cherche l’amateur, le tout avec une reliure et un papier raisonnablement agréables (et impeccables). Je me fiche de la bibliophilie comme d’une guigne, ce que je veux, c’est lire le texte, et je pourrais tout aussi bien le lire ailleurs, mais si je choisis la Pléiade pour le faire, c’est aussi pour ses qualités éditoriales et physiques supposées (notes, annexes, robustesse, intangibilité, allure). Je veux pouvoir tourner les pages sans une résistance absurde, et je veux le faire confortablement, sans un méchant claquement qui me rappelle à chaque page que je suis une vache à lait et que Gallimard a oublié que ses livres étaient accessoirement faits pour être lus.

        • Sur chaque point abordé par vous dans votre intervention, Brumes, pas plus féru que vous de bibliophilie je n’ai point voulu dire autre chose, et si je l’ai dit tout de même, c’est à l’insu de mon plein gré.

          Je suis globalement d’accord avec les critiques émises par nombre d’intervenants sur les qualités physiques de certains volumes de La Pléiade, notamment dans la période récente, et j’attends d’elle élégance et confort de lecture et de manipulation, rien de plus ; mais il me semble, pourtant – sauf si ma mémoire défaillante ou poétique me présente des souvenirs déformés – avoir lu, ici ou là, sur ce fil, quelques critiques fort pointilleuses, au risque de dépasser ce qu’on est en droit d’attendre raisonnablement de la Vénérable Dame.

          Simple témoignage, en passant, sans plus de conviction, sur ce sujet je n’enfourcherai pas mon cheval de bataille et le laisserai au repos, dans son box rempli de paille jusqu’au jarret..

    • Reliure industrielle, soit. Mais elle l’a toujours été. D’où la grogne devant ce constat : pourquoi devoir se résigner devant des reliures parfois infâmes quand la collection proposait il y a 40 ans des volumes parfaitement finis ?
      Alors oui, on est tenté de répéter :
      « c’était mieux avant ».

  17. La Pléiade était en effet a minima « mieux avant » pour l’impression et l’encrage et donc la durabilité de l’ouvrage. Ce n’est pas une exigence de bibliophile mais bien de simple lecteur. Mes Pléiade des années 60 et 70 sont d’une fraîcheur étonnante. Il y a un avant et un après passage au tout numérique, ceci indépendamment du façonnage (reliure, rainage, découpe, assemblage des cahiers et j’en passe).

  18. Le site Internet de la Pleïade annonce pour le mois de septembre la parution en deux volumes des oeuvres complète d’Ernest Hemingway. Savez-vous s’il s’agit d’un simple tirage sous coffret des volumes existants ou bien de nouvelles traductions ?

    • Gallimard a réédité plusieurs romans de Hemingway avec de nouvelles traductions, j’adorerais qu’elles soient reprises dans ces deux volumes annoncés… mais la politique actuelle étant de nous fourguer les invendus sous un nouvel habillage alléchant sous forme de coffret, il n’y a, je le crains, rien à espérer.
      Je pense que Brumes – ou une autre personne informée – ne me démentira pas. Dans le cas contraire, qu’on veuille bien me pardonner mes mauvais augures !

      • Espérons que vous soyez entendu… Une mise à jour avec de nouvelles traductions pour le 60ème anniversaire de sa disparition serait vraiment pertinente…

  19. Pour en finir avec la bibliophilie : On peut avoir des livres anciens de qualité , des Pléiade et des
    livres de poche ( ceux-ci avec préface , notices et notes ) .Nul besoin d’ètre exclusif .
    On peut trouver des Pléiade d’occasion en bon ou très bon état pour 20 ou 30 euros chez les
    bouquinistes du Net .Les bibliophiles n’aiment pas la pléiade parce que c’est industriel et que le papier bible n’a aucune valeur à leurs yeux (valeur bibliophilique ).

  20. Le site de notre collection préférée annonce pour septembre (après une page blanche de plusieurs semaines) un coffret des deux volumes… d’Hemingway.
    Pourquoi pas. Etait-ce une urgence? Une priorité?
    Pourquoi ne pas emboîter de même les deux tomes des oeuvres complètes de Roger Martin du Gard?
    Ou les cinq de Rousseau?
    Je me lasse un peu de cette manie de Gallimard faire des coffrets de coffrets.
    Ce qui ne m’a pas empeché d’acquérir il y a peu celui de Francis Scott Fitzgerald 🙂
    Je découvre avec bonheur « Beaux et damnés », qui est un chef-d’oeuvre, sous-estimé me semble-t-il, peut-être trop souvent comparé à Tendre est la nuit?

  21. … ni jamais :
    – d’album Corneille,
    – d’album Racine,
    – d’album Dickens,
    – d’album Gogol,
    – d’album Kafka,
    – d’album Cervantès,
    – d’album Tolstoï,
    – d’album consacré aux quatre livres extraordinaires de la littérature chinoise parus en Pléiade,
    – ni d’ailleurs aucun album consacré à tout ou partie de la littérature de l’Antiquité romaine ou grecque parue en Pléiade.

  22. Je profite de l’espace offert ici par brumes pour signaler un article assez détaillé sur Nicolas Gogol, disponible sur le site de notre ami Draak fut là ( https://propagerlefeu.fr/nicolas-gogol/ ), avec notamment un historique des traductions françaises et les raisons pour lesquelles l’édition en Pléiade nous paraît être la meilleure édition française disponible – notamment en raison de la qualité des traductions retenues et ce malgré que certaines ont déjà plus d’un demi-siècle.

    Sont également évoquées dans cet article des traductions plus récentes, notamment celles de l’œuvre théâtrale de Gogol par André Markowicz dont nous avons parlé ici.

    Selon le potentiel commercial actuel de l’œuvre de Nicolas Gogol, Gallimard pourrait tout à fait rééditer ces textes en deux volumes, avec un appareil critique plus fourni, comme ils l’ont déjà fait pour Cervantès et quelques autres très grands auteurs. Ce serait l’occasion d’un beau coffret…

    Tous vos commentaires sont les bienvenus. 🙂

  23. Si cela intéresse certains d’entre vous, je possède pas mal de volumes épuisés en double en parfait état (Malherbe, Dickens, Sainte-Beuve….) . Plutôt que de les revendre, je préfèrerai les échanger contre d’autres volumes à des collectionneurs de ce blog.

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