Johnny s’en va-t-en… : Le Printemps du guerrier, de Beppe Fenoglio

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Le Printemps du guerrier, Beppe Fenoglio, Cambourakis, 2014 (trad. Monique Baccelli) (Première éd. 1988 chez Denoël) (Première éd. originale 1959)

En ouvrant ce livre de Beppe Fenoglio m’est remonté instantanément un souvenir de l’époque déjà légendaire où existaient encore des engins saugrenus nommés « magnétoscope » et « cassette VHS », et où l’Internet n’était pas encore là pour offrir l’infini de sa mémoire de substitution et de ses canaux numériques. Ma réminiscence tient en peu de mots. J’avais regardé un soir, avec ma mère, dont je ne crois avoir jamais confié ici qu’elle était italianiste, un film transalpin, en noir et blanc, doux-amer, sur le grand retournement d’alliance italien de l’été 1943, vu au ras du sol d’une caserne et de ses pauvres soldats désorientés. Si je garde un bon souvenir du long-métrage, je me rappelle surtout que la durée du film excédait celle des bandes de la cassette et que je n’en ai jamais vu la fin – à un quart d’heure près, je crois. Évidemment, j’ai oublié le titre, le nom du réalisateur, celui des acteurs, et tout ce dont je me souviens ne serait d’aucun secours au cinéphile le plus érudit (à moins que ? …). Ce (minuscule) traumatisme, longtemps enfoui, a resurgi aux premiers dialogues du Printemps du guerrier, dont l’ambiance, le ton, la manière, répondent en un lointain écho à ce film pour moi demeuré inachevé. L’action se déroule, on l’aura compris, en 1943. De jeunes recrues sont (mal) préparées, dans des casernes miteuses, par des officiers de qualité fort variable. Demain, elles seront appelées à servir dans les lambeaux de l’éphémère empire fasciste ; ou à mourir, comme tant d’autres, dans les interminables plaines d’Ukraine et de Russie – voir, dans un tout autre registre, Le Cheval rouge, d’Eugenio Corti. Même si l’Italie tient encore son rang auprès de l’Allemagne, elle a été ravalée par les événements du rang d’acolyte privilégié à celui de vague comparse, pour lequel on n’éprouve plus, à Berlin, qu’une commisération gênée, si toutefois – le fait est improuvé – un Nazi peut ressentir ce genre de sentiments. Le débarquement des forces alliées en Sicile, début juillet 1943, ouvre un nouveau front. L’Italie cède du terrain, renverse quelques jours plus tard son Duce, et le nouveau gouvernement, sous l’égide du Maréchal Badoglio, capitule bientôt, le 8 septembre, face aux anglo-saxons. Les Allemands, qui ont libéré Mussolini par une opération rocambolesque, l’installent à la tête d’un régime fantoche, à Salò. Si l’Italie est sortie de la guerre, la guerre, en revanche, est entrée en Italie. Pendant deux ans, le pays voit s’affronter, avec une rare brutalité, deux camps : au nord, les troupes allemandes, soutenues pour les opérations « policières » par les hommes de Salò ; au sud, les troupes anglo-saxonnes et leurs alliés locaux, souvent communistes, les Partisans.

Ces événements, que j’ai résumés en quelques lignes, constituent la trame du roman de Fenoglio, largement tiré de ses propres souvenirs de guerre. Bien évidemment, le personnage principal, un jeune sous-officier, surnommé Johnny – dans le civil, comme l’auteur, il étudiait l’anglais –, ne voit tout cela que de très loin, ou, pour le dire plus précisément, de très bas, c’est-à-dire du sol. Les angles morts du souvenir donnent toute leur saveur à ce récit-témoignage d’une saison de déliquescence. Fenoglio a un ton très particulier, une sorte de distanciation factuelle qui peut tromper le lecteur. Son livre appartient à cette catégorie de livres plus écrits qu’ils n’en ont l’air. C’est là souvenirs de guerre, oui, et alors ? La vie quotidienne médiocre de la caserne, les engagements, les combats, la fuite, combien d’hommes ne les ont pas racontés ? Quelle différence cela fait-il avec des milliers d’autres témoignages de ce type ? Eh bien ! si différence il y a, elle tient à la griffe de l’auteur, à son souci du détail, à la précision d’une architecture pourtant soumise aux hasards d’une déroute. Fenoglio offre là un récit composé avec une fermeté d’autant plus admirable qu’elle est invisible au lecteur distrait. La remémoration devient quête de sens, par la fiction. Le livre s’organise en trois temps, à la mesure de l’histoire heurtée de l’Italie d’alors. Un premier mouvement emporte le jeune élève officier des derniers mois de sa formation à la chute de Mussolini ; un deuxième le mène désertant des faubourgs de Rome vers son Piémont natal aux premiers jours de l’offensive allemande ; un troisième le présente intégrant les rangs des partisans qui, derrière les lignes de l’Axe, tentent de se constituer en maquis. L’écrivain donne à voir, par son récit très sec, libéré de toute ornementation superflue, le délitement de l’été 1943, annoncé par la lassitude, sourde ou volubile, qu’expriment presque tous les personnages. Dès l’ouverture du livre, personne n’en peut plus de cette guerre lointaine et pourtant omniprésente. Les pages grotesques consacrées à la formation des sous-officiers montrent une armée dépenaillée et gouailleuse, menée par des bravaches et des fripouilles, dans un grand écart permanent entre le clinquant de la rhétorique et le négligé de la réalité. Ces pages-là étaient attendues, montrant l’armée italienne telle qu’elle fut, bouffonnerie d’autant plus carnavalesque que son destin est connu du lecteur.

Au Printemps du guerrier succède un été de débandade, celle des troupes italiennes, de ces soldats et de ces officiers démoralisés, qui s’empressent, une fois connues les rumeurs de l’armistice, de se démobiliser eux-mêmes et de rentrer, comme ils le peuvent, vers leur paese. La camaraderie des jeunes officiers ne tient pas un instant face à ce « chacun pour soi » général par lequel on reconnaît une armée en fuite, une armée qui n’en est plus une. On naît seul, on vit seul, on fuit seul. Deux forces opposées émergent du livre : les troupes du Duce, rassemblement factice et hétéroclite d’individus venus de toute l’Italie, presque étrangers les uns aux autres, sans autre conviction qu’un secret espoir de leur propre défaite ; les troupes partisanes, armée de fortune, contingente, mal équipée, mais soudée par un même sentiment du lieu, par une même espérance. L’armée italienne que présente Fenoglio n’avait ni cohésion, ni solidarité, ni conscience d’elle-même, sinon les quelques rudiments médiocres que le nationalisme fasciste avait cru inculquer à des soldats imbus des particularismes de leur paese. Les dialogues de la première partie, alors que l’Italie combat encore aux côtés de l’Allemagne, sont très révélateurs. Le lecteur retient moins les identités personnelles que les origines géographiques. Il y a là le Sicilien, le Napolitain, les Romains, le Piémontais, l’Émilien, le Lombard, le Frioulan ; l’Italien, en tant que tel apparaît comme un régional mal peint aux tri-couleurs, un fantasme de propagandiste, un rêve de nationaliste intoxiqué par des théories fumeuses. À la moindre incertitude, le vernis craque. Paniqués, sans hiérarchie, sans patriotisme particulier, les compagnons d’armes de Johnny s’empressent de fuir Rome, cette capitale qui n’est pas la leur – quelques remarques en ce sens, hostiles à la « ville éternelle » parsèment le texte. L’Italie se démantibule en provinces, son armée en atomes humains, lancés, éperdus, sur les routes de leur pays natal. À l’inverse, les partisans, dont le regroupement tient à des hasards de rencontre – ce fut le cas pour Johnny – sont armés intérieurement pour le combat, combat aussi localiste que politique. Ils prennent des risques, sont volontaires pour s’engager à l’arrière des troupes allemandes. Ils savent pour quelles raisons ils sont ensemble. Les partisans ne sont plus ces régionaux un peu folkloriques, archétypiques, qui s’apostrophaient dans l’ennui des casernes romaines ; ils sont des « guerriers », dont la personnalité et le nom comptent plus que leur origine, d’ailleurs commune. Leur guerre se fera entre trois collines, les leurs.

Entre ces deux engagements de Johnny, le forcé et le volontaire, le texte présente, au centre, le récit très impressionnant d’une fuite. Les soldats ont troqué rapidement leurs encombrants uniformes pour de peu seyantes tenues civiles, obtenues auprès de Romains trop heureux de pouvoir profiter de cette demande pour céder à prix d’or des costumes élimés et des chemises usées. Qu’ils sont repérables, parmi ces populations de femmes, de jeunes enfants et de vieillards, ces hommes jeunes, accoutrés de tenues qui trop grande, qui trop petite ! Les troupes allemandes n’ont guère de mal à les remarquer, à les arrêter, pour les prendre en otage, les déporter ou les fusiller comme déserteurs. Johnny, dans les cinquante pages d’une fuite angoissée et éprouvante, aura un peu de chance, et, parfois, le soutien amical et tacite de compatriotes inconnus. Parti trop tard, du fait d’une garde jamais relevée dans la campagne romaine, le personnage principal doit agir en urgence, trouver les moyens d’éviter la déportation, ou l’intégration forcée dans les rangs des troupes fascistes en (vague) recomposition. Dépourvu de soutien, il se dirige seul vers la gare de Termini. Les trains bondés remontent, lentement, sans être assurés d’arriver vers le lointain nord, où règne, pour des mois encore, la Wehrmacht. Les pages de ce retour au Piémont sont celles d’une débâcle ; elle ne s’achève qu’au moment où un camion de partisan intercepte le sous-officier en fuite. Le destin est un hasard, le destin en temps de guerre est un hasard au carré, au cube, puissance cent. Le récit de Fenoglio prend des chemins qui bifurquent, infiniment. Autour d’un point fixe, Johnny, des hommes et des femmes apparaissent et disparaissent, pendant quelques lignes ou quelques pages – le lecteur finit par ne plus discerner personne parmi cette masse de personnages connexes, inconnus une page plus tôt, oubliés une page plus tard. La guerre, immense et monstrueuse catastrophe collective, est avant tout un agrégat de malheurs individuels, une somme dont chaque partie est une épopée, une tragédie, un drame ou même, pourquoi pas, une comédie.

Mais, au fond, Johnny lui-même s’en va-t-il vraiment en guerre ? Est-il un guerrier ? À la manière du Camus des « épées de soleil » qui déchirent la morne trame de L’Étranger, Fenoglio utilise avec beaucoup de prudence les métaphores. Son récit s’attache à une certaine ligne claire, d’où n’émerge nul lyrisme malvenu. En adoptant ce ton de réaliste froid et lucide, l’auteur rend plus saillantes encore ses quelques figures de style, percutantes et inattendues. Il faut un peu de temps pour observer qu’assez peu nombreuses, les comparaisons sont néanmoins souvent construites de la même manière : leur référent, c’est la guerre. Que Johnny contemple des étoiles, la campagne ou l’eau, tout est toujours ramené au conflit. Les termes de comparaison, de ce fait incongrus, ne sortent jamais du lexique du combattant. Les étoiles sont des hydravions en flamme, les projecteurs tailladent le ciel comme des lames, le tonnerre de l’orage se confond avec des frappes d’artillerie, etc. Quand il s’agit de parler des vapeurs d’une usine, dans un accès aussi rare que subit de lyrisme, « les véloces patrouilles d’acide picrique décollaient pour affronter désespérément la statique patrie de la nuit ». Le monde entier, des éphémères voletant dans l’air moite aux étoiles immuables, du vent soufflant dans les branches à la pierraille effondrée, s’assimile à la guerre, alors même que cette guerre, Johnny n’y participe pas une fois avant la dernière page du livre. L’univers est ramené à un état de guerre totale, perpétuelle, universelle dont n’est précisément exclu qu’un homme, le prétendu guerrier, Johnny, point central du récit. Il voit la guerre partout, il sent la guerre partout, il entend la guerre partout ; mais jamais elle ne paraît devoir l’atteindre. Le destin semble tenir à l’écart celui-là même qui serait appelé à combattre, par une ironie aussi absurde que signifiante. L’auteur souligne ainsi d’un même mouvement les incohérences de l’histoire et la solitude du personnage principal, cette solitude fondamentale d’un homme seul face à un déchaînement guerrier qu’il paraît repousser aussi sûrement que l’antimatière exclut la matière. Il lui suffit de se voir confier une mission pour que, durant son absence, un engagement se produise. Il lui suffit d’être envoyé à droite pour qu’à gauche s’engage un combat. Il lui suffit d’être à l’arrière pour que l’avant attaque, à l’avant pour que l’arrière se défende. Comme l’Elpénor de Giraudoux, Johnny n’est jamais où l’histoire se déroule. Non d’ailleurs qu’il s’en plaigne particulièrement – ce n’est pas ici La Conquête du Courage. Dans une société en plein effondrement, la survie est une question de chance, et même une forme d’absurdité. Peut-être faut-il alors voir, dans la résolution offerte par les dernières lignes du livre, non autobiographiques, ce sens qui manquait au récit tout entier, cette fin qui, par sa cohérence, donne rétrospectivement une direction à cette geste absurde : le guerrier enfin trouva sa raison d’être.

Dans Le Printemps du guerrier s’esquisse le récit romancé d’une vie de soldat devenu, par hasard mais non sans conviction, un partisan. Fondé sur un matériau largement autobiographique, il témoigne, avec une élégance, une clarté et un équilibre remarquables, de ce que put être, pour un Italien, l’année 1943, cette guerre totale, universelle, en un mot, mondiale, dans laquelle un homme, et partant, peut-être, le pays tout entier, ne trouvait plus sa place. L’armée italienne, rassemblement factice, s’était effondrée ; ses hommes fuyaient ; certains d’entre eux trouvèrent néanmoins, dans l’engagement partisan, le moyen de participer, eux aussi, au conflit en cours, de se raccommoder avec eux-mêmes. Alors se comprend mieux la sérénité finale du roman ; Johnny, Fenoglio, ou bien l’homme peut-être, est rédimé. À bien y repenser, en écrivant ces lignes, je me rends compte que ce livre dépasse probablement, de loin, tout ce que le film oublié dont je parlais plus haut aurait pu m’offrir si seulement j’avais pu le voir jusqu’à son terme.

 

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6 réflexions sur “Johnny s’en va-t-en… : Le Printemps du guerrier, de Beppe Fenoglio

  1. On a beau le savoir théoriquement, il est frappant de constater à quel point deux personnes différentes ne lisent jamais vraiment le même livre.
    Je ne voudrais surtout pas que cette phrase fût prise en mauvaise part : il n’est évidemment pas question de contester et encore moins de déprécier votre compte-rendu — détaillé, fouillé, argumenté, comme toujours.
    Ce n’est pas non plus une formule que j’aurais l’habitude de placer à chaque occasion, et destinée à faire l’apologie du rôle du lecteur comme co-créateur de l’œuvre.
    Non, ma phrase est à prendre très littéralement : je me suis d’abord demandé s’il s’agissait du même roman — à cause de la transposition du titre (Il partigiano Johnny) mais aussi du parcours éditorial souvent difficile et parfois dédoublé des textes de Beppe Fenoglio.

    Pour ma part, ce qui m’a d’abord marquée et même perturbée quand j’ai découvert ce roman (et qui a bien failli me faire renoncer avant d’être happée par cette histoire) c’est sa langue, envahie par les mots et les expressions anglais. Cette particularité n’est évidemment pas gratuite puisque, ainsi que vs l’avez précisé, le narrateur (comme l’auteur) est angliciste — & le recours à cette langue est évidemment un political statement (restons ds le ton) vis-à-vis de la volonté de « purification » & de « redressement » linguistiques mussoliniens.
    C’était la lecture de La Luna e i falò de Pavese qui m’avait amenée au roman de Fenoglio, mais le passage d’une écriture à l’autre n’allait pas de soi.
    (On va peut-être penser que j’exagère, que je fais la délicate ; aussi vais-je me permettre de fournir qq échantillons, tirés des portraits, auxquels Fenoglio excelle :
    « e con un cenno pressoché irato accennò a Johnny di join them. »
    « era di complessione adusta, che il terrore e la disperazione convertivano in un rotten grey. »
    « Aveva una bellezza complessa e diretta eppure, d’un ardore nettamente sardo ma come temperato e blended in una morbidità laziale »
    ou bien de la rumeur de la rivière — qui, au même titre que les collines, constitue quasiment un personnage : « In the stillness of night, il suo suono s’arrampicava frusciante su per lo sperone »)

    Deuxième surprise marquante : le changement de maquis, puisque Johnny passe des « rouges » aux « bleus ». Et le complexe de supériorité (plus intellectuelle que sociale) dont il fait preuve au début, et qui disparaîtra dès le premier combat.
    L’absurdité (devenir partisan et mourir dans un accident de la route à cause d’un chauffeur stupide, l’occupation d’une ville que l’on sait ne pas pouvoir tenir) et l’absence d’ « héroïsation » de la cause comme des compagnons d’arme font la spécificité du récit, raconté à hauteur d’homme & ne gommant jamais les incertitudes du vécu au profit d’une téléologie factice.
    Est-ce parce que je ne lis pas souvent des récits de guerre, le roman m’a paru plus violent que ce que vs en dîtes. Si je reprends mes qq (modestes) notes de lecture, voilà ce que je trouve : les rivalités entre les divisions, les méthodes de réquisition pour le ravitaillement, le dénuement des fermes, la mort des amis, les représailles exercées sur ceux qui ont hébergé des partisans, l’envie de tuer, la fuite, la peur, le froid, la faim, le fasciste fait prisonnier (dans l’espoir de l’échanger contre un compagnon) qui se révèle un déserteur mort de frousse, la haine des espions et délateurs.
    Mais aussi par ailleurs : la coquetterie en matière d’uniformes (de bric et de broc et de récupération) et l’importance de la beauté physique dans le charisme des chefs (« Nord » et « Kyra ») ; le contraste entre la vie en ville et la vie dans les collines et (je me répète) à toutes les pages, sous tous les mots, l’amour de ce paysage des Langhe, de ce fleuve (« qui m’a élevé ») décrit à toutes les saisons, par tous les temps, de ces arbres, des courbes des collines.
    Pour ceux qui seraient intéressés :
    http://www.parcoletterario.it/it/autori/fenoglio.htm
    Je signale également un autre très grand (et très rude) livre du même auteur, la paga del sabato. Car il y a un « après » difficile pour certains partisans qui ont survécu et qui ont bien du mal à accepter le retour à la vie civile, le renoncement à une forme de liberté, les contraintes ordinaires, la soumission à un patron ou à sa propre mère.
    (Désolée de la longueur du commentaire)

    • Merci pour ces remarques fouillées, mais vous en évoquiez l’hypothèse : ce n’est tout simplement pas le même livre dont nous parlons. Vous évoquez « Il partigiano Johnny » (en français : La guerre sur les collines), paru, posthume, en 68 (Gallimard, 1973 pour la trad.) j’évoquais « Primavera della bellezza », paru en 1959 (donc du vivant de Fenoglio), dans lequel apparaît déjà Johnny. Ce sont deux textes différents, au moins en terme de pagination, puisque celui dont vous parlez fait 250 à 300 pages de plus que le « mien »… et que les scènes que vous citez ne me disent rien du tout…
      Merci néanmoins pour votre comparaison intéressante.
      Bien à vous.

      • J’ajoute que votre excellent commentaire (car vous nous livrez là une critique intéressante d’un autre livre de Fenoglio, et je vous en remercie encore) me fait penser que je devrais citer, dans les « crédits », les titres originaux des livres.

        • Tout s’explique ! Navrée de ma méprise.
          Quant à moi, c’était Primavera della bellezza que je ne connaissais pas — et que vs me donnez envie de découvrir.
          Le plus important : faire mieux connaître en France la voix singulière de Beppe Fenoglio, l’âpre honnêteté de ses récits qui restent passionnants qd ils disent l’ennui, prenants qd ils évoquent le doute. Je ne suis pas une spécialiste ds ce domaine, mais je n’ai pour ma part jamais rien lu de pareil ; je le considère comme un écrivain essentiel et je me réjouis donc de continuer à découvrir ses textes.

      • La parution en 2015 de Il Libro di Johnny (chez Einaudi) reconstitue le continuum narratif entre Primavera di bellezza (e non pas ‘della’. Ce titre vient du texte d’une chanson fasciste ‘Giovinezza’, citée dans le roman, si mes souvenirs sont exacts) et Il partigiano Johnny, tel que Fenoglio l’aurait originellement projeté (la publication de deux romans distincts seraient le résultat de politiques éditoriales auxquelles Fenoglio se serait plié). Donc en fait vous parliez (un peu) du même livre… dont Primavera di bellezza serait la première partie, et Il partigiano Johnny la suite logique, selon le modèle de l’épopée dont se serait inspiré BP : tout d’abord les pérégrinations de Johnny, puis dans un deuxième temps la guerre dans les Langhe. Il aura fallu attendre la sortie de cette édition dont Gabriele Pedullà a écrit l’excellente introduction pour relire ce grand roman de Fenoglio d’un seul trait !

  2. Pingback: Note de lecture : « Le printemps du guerrier  (Beppe Fenoglio) | «Charybde 27 : le Blog

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