Un Petit Dérangement : Mazagão de Laurent Vidal

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Mazagão, Laurent Vidal, Aubier/Champs Flammarion, 2008

Aux XVe et XVIe siècles, la couronne portugaise, convaincue de pouvoir prolonger au-delà de la Méditerranée une Reconquista, achevée de son côté de la péninsule ibérique depuis la fin du XIIIe siècle, occupa plusieurs forteresses, le long des côtes marocaines : Ceuta, Tanger, Arzila, Agadir, etc. Préludes d’une reconquête religieuse de l’Afrique du Nord qui n’eut jamais lieu, ces présides portugais ont tenu, pendant plusieurs décennies, une place importante et coûteuse dans la stratégie mondiale du Portugal. La monarchie portugaise tint, dans la durée, par un réseau remarquablement organisé, une ligne de défense côtière suffisamment puissante pour organiser et protéger l’approvisionnement de ses navires, qui longent la côte africaine pour aller au Brésil et aux Indes. Elle concentrait également, sur des forteresses redoutables, âprement défendues, l’effort militaire hostile des chérifs marocains. Elle se donnait ainsi la base arrière indispensable à l’organisation de nouvelles Croisades. Seulement, ce qui pouvait apparaître comme un effort politique et économique légitime dans une stratégie médiévale d’extension, pas à pas, du domaine de la Chrétienté, s’avéra particulièrement coûteux, voire dispendieux, lorsque les enjeux internationaux évoluèrent. La construction de places fortes le long des côtes africaines occidentales, la sujétion d’entités politiques locales et de cités sur ses côtes orientales, l’installation commerciale et militaire en Inde et dans la péninsule indonésienne, la lente colonisation du Brésil, tous ces grands programmes avaient un coût qui dépassait déjà les maigres possibilités du royaume à son apogée. Le Maroc voisin fut sacrifié à la stratégie mondiale portugaise. La monarchie, convaincue d’abandonner le front maghrébin après la mort du roi Sébastien et l’écrasement de son armée en 1578 au Maroc, se retira de presque toutes ses cités marocaines. Ne lui en resta plus que trois : Ceuta, qui resterait aux mains des espagnols après la rupture de l’Union ibérique en 1640, Tanger, qui serait livrée aux Anglais en 1661 (et revendue par eux aux marocains vingt ans plus tard) et, bien plus au sud, la place forte de Mazagão, seule rescapée, pendant plus d’un siècle, des possessions portugaises au Maroc.

Les années passèrent, puis les décennies, Ceuta et Tanger n’étaient plus portugaises, l’Empire des Indes était presque entièrement passé aux mains des Hollandais et des Anglais, tout l’effort de Lisbonne portait sur l’exploitation du sucre et de l’or brésiliens, ces deux ressources qui avaient assuré à la monarchie des Bragance son pouvoir et son indépendance aux lendemains de la rupture avec l’Espagne. Mazagão, pourtant, tenait toujours, forteresse presque oubliée, peuplée de deux milliers d’hommes et de femmes, habitants du cru, açoriens chassés par la surpopulation de leurs îles, nobles portugais en rupture de ban, soldats qui, chaque jour, défendaient leur forteresse et les terres qui l’entouraient contre les incursions répétées des Maures voisins. Laurent Vidal évoque, à l’occasion, la forteresse du Désert des Tartares, de Dino Buzzatti ; il y a en effet quelque chose d’absurde et d’anachronique, en plein siècle des Lumières, dans cette paillette impériale et médiévale oubliée le long de la côte marocaine. Le destin de Mazagão, immobile durant deux siècles et demi, va pourtant brutalement dévier. Une nouvelle offensive marocaine menace, au début de l’année 1769. Elle exige de l’État portugais un effort militaire supplémentaire que celui-ci semble de moins en moins apte à assumer. En effet, le tremblement de terre de Lisbonne de 1755, et la reconstruction de la ville, pèsent lourdement sur les finances de l’État. Le maintien du préside n’a plus guère de sens alors que la route des Indes ou du Brésil n’a plus besoin de l’escale de Mazagão et qu’aucune Croisade n’aura plus jamais lieu. Faut-il encore défendre cette ville ? Le comte d’Oeyras, futur marquis de Pombal, Premier ministre de José Ier durant près de trente ans, homme fort du Portugal des Lumières décide d’y renoncer. Son frère, ministre de la Marine et des Colonies, ancien gouverneur de la province du Parà, au Brésil, a une idée : déménager Mazagão des côtes de l’Afrique vers la côte nord de l’estuaire de l’Amazonie, là où le Portugal n’a pas encore bien pénétré, là, aussi, où les ambitions françaises de la Guyane voisine, dans un univers aux frontières mal définies, apparaissent bien menaçantes. Le Portugal organise donc, en quelques semaines, le départ des habitants de Mazagão (mars 1769), leur transfert à Lisbonne, puis au Brésil, où ils arrivent à la fin de l’année 1769, et la construction, par la main d’œuvre indienne, d’une nouvelle cité, à deux semaines de pirogue de Belém, Nova Mazagão. En quelques années, la ville est achevée et accueille les exilés, leur offrant une reconversion : les soldats sont devenus des colons agricoles, et doivent développer, dans ce secteur tropical et humide, l’exploitation du riz.

Le livre de Laurent Vidal s’intéresse à ce transfert, à cette entreprise menée en toute hâte, qui consista à déraciner deux milliers de personnes de la côte africaine vers la côte brésilienne, en passant par Lisbonne. De notre point de vue contemporain, si accoutumé par le terrible XXe siècle aux vastes mouvements de populations, cet exode forcé et hâtif de quelques centaines de portugais ultra-marins peut paraître assez dérisoire. Et pourtant, de cet argument ténu, aux sources très lacunaires, Laurent Vidal tire une très belle leçon d’histoire. Dans la filiation très assumée d’Alain Corbin, d’Arlette Farge ou de Carlo Ginzburg, l’auteur examine l’intégralité des sources disponibles et reconstruit, sur des traces parfois infinitésimales, ce qui put se produire, à la recherche, presque ethnologique, des conséquences qu’entraîne un mouvement de population brutal, impréparé et passablement raté sur une collectivité humaine. À la manière des Villes invisibles d’Italo Calvino, Mazagão connaît un destin à part, démultipliée dans les mémoires collectives comme sur les terres d’Afrique et d’Amérique, communauté en exil qu’il s’agit d’imposer sur une terre vide. L’historien observe les mutations que subit une ville lorsqu’elle abandonne – sans emporter grand chose – ses murs, ses immeubles, ses terres, pour se rebâtir, à des milliers de kilomètres, dans un environnement climatique, social et politique complètement différent. N’hésitant pas à conceptualiser son approche (parfois trop), M.Vidal examine le devenir de la cité en cinq temps : la veille de l’exil, pendant les quelques mois du transfert à Lisbonne, dans l’attente d’elle-même à Belém (pendant le temps de la construction), puis dans ses murs, et enfin dans la mémoire contemporaine. Sur une documentation étique comme celle du transfert de Mazagão, le travail de l’historien est admirable : il faut le féliciter de ses découvertes, notamment ce poème inédit, composé pendant l’exil lisbonnais, peut-être par un mazaganiste, unique témoignage connu de l’abandon de la ville marocaine vu par ceux qui l’ont quittée ; il faut aussi reconnaître l’intérêt de ses analyses, je pense notamment à celle, brillante, du programme de représentations d’opéras (à l’exécution peut-être très lacunaire) par la commune de Nova Mazagão pour fêter l’accession au trône de Maria Ière. Le travail de M.Vidal est, aussi, en creux, une mise en pratique de la méthode de l’historien, une leçon de traitement et d’analyse des sources, de reconstruction du possible et du plausible. Même si les mazaganistes eux-mêmes n’ont pratiquement rien laissé de tangible du traumatisme que put représenter leur transfert, l’historien parvient, par l’exploration méthodique et continue des sources, à livrer une réflexion tangible, et transposable, sur leur exil et leur réinstallation.

M.Vidal se situe dans la lignée d’une micro-histoire qui tente, sur la toile de la grande histoire, de percevoir le grain de l’individu, du vécu, de l’anodin, même quand les sources n’en donnent qu’un portrait mutilé et tronqué. Ce travail d’orfèvre, aux limites, souvent, de l’ethnologie ou de la sociologie, permet de dépasser les apories auxquelles une histoire politique, sociale ou économique plus vaste peut être confrontée. À la condition, bien sûr, de ne pas franchir la limite, parfois fine, entre l’analyse effective et le postulat invérifiable, ce que M.Vidal se garde bien de faire. Il y a bien, quelquefois, des clins d’œil théoriques qui paraissent un peu trop elliptiques ou gratuits pour être totalement justifiés dans le raisonnement, mais ce sont là les servitudes et les révérences coutumières des travaux universitaires. On regrettera également quelques coquilles (Tanger conservée par les Espagnols et Ceuta vendue aux Anglais) et quelques raccourcis regrettables (« le coup d’État de Salazar »).

Un des aspects que M.Vidal, plus intéressé par le transfert du point de vue (ou tout du moins du niveau) de Mazagão, néglige quelque peu, et qui me paraîtrait intéressant de creuser, c’est l’articulation de ce projet administratif très théorique, très conceptuel, déchargé de toute considération humaine concrète et de l’idéologie rationalisante de Pombal, et, plus largement des Lumières. On ressent déjà là toutes les manies abstraites à venir, et dénoncées par Burke, sous la Révolution française : géométrie, raison, calcul, chiffres. Les Lumières (et Pombal) font œuvre raisonnable. Une population, sise dans une région sèche et chaude, a besoin d’une nouvelle terre ? L’Amazonie, chaude et humide, lui offre. Ils vivent ensemble là-bas ? Ils vivront ensemble ailleurs. Les terres qu’on leur offre sont-elles bonnes ? Sur le papier, oui, à eux de faire le reste, malgré le paludisme et les maladies. Les Mazaganistes sont-ils des soldats, des commerçants et des pêcheurs ? Qu’importe, ils se feront paysans. Ils vivaient dans une collectivité soudée par la présence d’un ennemi commun ? On leur retire, ils sauront bien se débrouiller. La ville n’est pas bâtie ? Les Indiens la bâtiront. Veulent-ils une indemnisation ? On leur offre des outils et des esclaves. L’administration dessine de beaux plans urbains, au cordeau ; elle conçoit des habitations symétriques jusque dans leur organisation intérieure – qu’importe si elle ne correspond pas à l’organisation humaine qui y vivra – ; elle modèle la vie à distance, sur le papier, sans accepter la moindre contradiction (les remarques récurrentes de la couronne sur la fainéantise, la malice et la décadence des transférés laissent songeur). Les amateurs de parallèles coloniaux verront quelques liens avec d’autres projets d’établissements, qui, partant d’une feuille blanche, ont souvent donné l’occasion à leurs promoteurs de livrer une conception dépouillée, ultra rationnelle, et, partant, vouée à l’échec, de la vie en société. Je pense notamment à la première colonie anglaise de Géorgie, abstraite et utopique, décrite par Daniel Boorstin dans son Histoire des Américains ; je pense aussi au Grand Dérangement des Acadiens qui fut, lui, une déportation – ce que ne fut pas, malgré le recours à des méthodes directives et autoritaires, le déménagement de Mazagão.

La couronne ne tient aucun compte des désirs d’une population à laquelle il n’est pas question de laisser le choix : ils partiront là-bas, comme les pires éléments métropolitains, relégués dans l’Enfer vert, à essayer d’y vivre et d’y survivre. L’indemnisation matérielle s’apparente, dans le cas des Mazaganistes, qui n’en étaient pas tous dupes, à une injuste condamnation. Il est frappant, à la lecture de ce livre, de constater que le transfert, organisé de Lisbonne, est mené avec une rationalité administrative froide, abstraite, ne tenant presque aucun compte des réalités humaines et pratiques. Les exemples que donne l’historien sont multiples : la nouvelle ville et les approvisionnements sont calibrés pour accueillir l’exact décompte des foyers embarqués de Mazagão… alors que ceux-ci, qui commencent à s’installer dans la nouvelle cité au moins trois ans plus tard (et ce processus durera dix ans), ont bien sûr connu depuis lors bien des deuils, des mariages et des naissances. Les terres, censément fertiles et adaptées, s’avèrent maigrement productives, laissant l’infortunée population dans l’inconfort alimentaire – voire, parfois, la famine. Lorsqu’ils émettent le désir de vivre ailleurs, les habitants sont violemment rabroués. Face aux réclamations, l’État portugais réagit d’abord par le silence, s’offusque de l’ingratitude des transférés avant de reconnaître, en 1780 (Pombal a été chassé du pouvoir l’année précédente), que le projet n’a pas été bien mené et que les mazaganistes peuvent aller s’installer sur des terres amazoniennes plus productives, s’ils le peuvent (or, généralement, ils ne le peuvent plus, appauvris comme ils le sont par le transfert et l’installation au Brésil). M.Vidal le souligne, ce sont des considérations financières qui réorienteront la politique de la couronne dans les années 1780 ; rationalité, efficacité, toujours. Si le projet de transfert a, pour source, une préoccupation humanitaire, il est mené, de bout en bout, par une idéologie abstraite, ultra rationnelle et obtuse.

Après 1780, Mazagão disparaît des archives et l’historien, impuissant, ne retrouve plus que quelques éléments épars, parfois trop minces pour autoriser l’analyse : rebaptisée brièvement Regeneraçao par le pouvoir impérial brésilien, la ville retrouve son nom quelques années, accueille des esclaves affranchis, puis se scinde en deux, sous la pression des habitants les plus aisés, convaincus que le site choisi à l’origine ne sera jamais susceptible de se développer. Mazagão existe encore, en deux endroits distincts ; dans celle fondée par les Portugais en 1770, moribonde, ne résident plus guère aujourd’hui que quelques centaines d’habitants, métis, Indiens et noirs. Dans son dernier chapitre, sociologique, du livre, c’est eux que va rencontrer l’historien, lors d’une reconstitution d’une bataille entre chrétiens et maures qui se veut dater de l’ère africaine (et qui pourrait fort bien, elle aussi, n’être qu’une reconstruction amazonienne d’un passé mémoriel magnifié et légendaire). L’historien montre ainsi que la ville de Mazagão, par son exil, s’est scindée en une multiplicité de villes : la ville de mémoire (les souvenirs africains des habitants, le maintien des traditions festives et culturelles des présides marocains), la ville administrative (ses plans, son organisation théorique), la ville vécue hors des murs par les sociabilités des transférés, sur les bateaux, à Lisbonne ou à Belém, la ville dans ses murs, la ville marocaine (d’abord abandonnée, puis habitée, reconstruite par les mandataires français et désormais inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO), la ville brésilienne (dédoublée à la suite des décisions de l’État brésilien au début du XXe siècle), etc.

Une recherche historique comme celle de M.Vidal doit, par prudence, prendre garde à ne pas extrapoler ses maigres sources pour en tirer des conclusions inexactes, non fondées ou invérifiables. Les limites de la plausibilité imposent la plus grande circonspection ; il n’est pas, d’ailleurs, néfaste que l’historien prenne, comme ici, la parole, à la première personne du singulier, pour montrer les limites et les impasses de sa recherche documentaire, les postulats de son raisonnement et les pistes que pourrait ouvrir sa réflexion. Cette réserve, cette retenue acquises et mises en pratique, l’analyse peut se déployer dans toute sa complexité et sa profondeur. Lorsqu’elle est menée, comme ici dans ce Mazagão, sous les auspices de maîtres en la matière comme Carlo Ginzburg et Alain Corbin, avec discernement, intelligence et sobriété, elle relève, sans conteste, du meilleur de ce que la science historique a encore, à l’avenir, à nous offrir.

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6 réflexions sur “Un Petit Dérangement : Mazagão de Laurent Vidal

  1. Quel formidable sujet de roman cela pourrait-il faire !!!

    Et bonne idée les astérisques pour signaler les livres avec recension dans la liste sur le côté. Très bonne idée. 🙂

    • Oh oui, il y a là un beau sujet de roman. Il y a assez de vides, en plus, dans la documentation, pour que l’historien ne se sente pas trahi par le romancier. Jusqu’à ce que je vérifie (à l’instant), je t’aurais répondu que Saramago (un auteurs que nous apprécions tous les deux, je crois) en avait tiré un livre intitulé Le Radeau de pierre, mais non, pas du tout : dans ce roman, la péninsule ibérique se détache de l’Europe… (il faudrait que je lise celui-là !) Je me demande tout de même si un des grands sud américains (Carpentier, Fuentes, Vargas Llosa ?) ne l’a pas traité, je ne connais pas assez leurs œuvres pour l’affirmer.
      Pour les astérisques, oui, ça m’a semblé plus juste pour ceux qui arrivent ici par hasard et cherchent la critique d’un livre cité ci-contre et que je n’ai pas traité. WordPress (enfin la version gratuite que j’utilise) refuse, par contre, que je mette le lien (de manière élégante, hein, comme sur « Tout le blog en une page », pas avec les laides adresses du web…)

      • J’avais lu « Le Radeau de Pierre », je l’avais trouvé un cran en dessous de « Histoire du Siège de Lisbonne » ou « Le Dieu Manchot ». Mais c’est bien dans la veine de Saramago: Une histoire fantastique, en parallèle d’une histoire de personnages qui « subissent » l’évènement de loin. C’est assez flou dans ma mémoire, je me souviens que le ton était plus sarcastique, et que j’avais moins accroché aux personnages (qui vivaient une histoire sentimentale qui me semblait plus artificielle et moins crédible que dans les deux précédents cités).

        Je me rends compte que j’ai lu « La lucidité » sans avoir lu « La cécité » d’abord… Voilà pourquoi il m’avait paru un peu confus, sans doute. ^_^

        Cat

    • Oui, Vidal explique tout ça très bien à la fin du livre. Ce sont les français, qui avaient un protectorat sur le Maroc, qui ont restauré les remparts et redonné un coup de neuf à la cité. D’ailleurs, une partie de la bibliographie utilisée par Vidal consiste en des monographies françaises des années 20, écrites par ceux qui ont eu à suivre ou à participer au projet. Aujourd’hui, la cité africaine est au patrimoine mondial de l’Unesco. Quant à la cité brésilienne, Vidal évoque des fouilles autour de l’église. Ma recension n’empêche pas d’aller lire le bouquin 😉

  2. Pingback: Poésie du désirable, prose du possible : Ils ont rêvé d’un autre monde, de Laurent Vidal | Brumes, blog d'un lecteur

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