Caspar David Friedrich, galerie

Quelques peintures, célèbres ou non, de Caspar David Friedrich (1774-1840).

« L’homme n’a pas besoin de voyager pour s’agrandir, il porte avec lui toute l’immensité » (Chateaubriand)

La plupart de ces paysages n’ont pas un objet réaliste. Ils prennent position quant au réel. Friedrich s’inspire d’éléments existants, d’ambiances possibles, et, de leur agencement spécifique, en tire ce qu’il convient d’appeler un « état d’âme ». Friedrich, romantique, subjective les paysages, par l’intermédiaire d’un spectateur de premier plan ou par son cadrage. En accordant des éléments réels, il crée de l’irréel, de l’onirique, du rêve. Ses ruines perdues dans le brouillard composent un décor subjectif, dans lequel l’âme du spectateur trouve Dieu, l’Infini, la Nature, ces absolus qui ne peuvent exister en dehors du regard que nous portons sur eux. En peignant le monde extérieur, Friedrich évoque le monde intérieur, celui du sentiment, des émotions, de la mélancolie. Le paysage n’existe pas en lui-même, uniquement pour celui qui l’observe. Le cadrage, le jeu entre les plans créent, inventent un paysage. Celui-ci dépend étroitement du sentiment, irrationnel, ou plutôt extérieur à la raison, de l’observateur. Les personnages des tableaux tournent le dos aux spectateurs, abîmés dans une contemplation qu’ils nous invitent à partager avec eux. L’âme ne regarde pas le réel comme détaché d’elle, elle l’observe dans un certain état d’esprit,  et en tire des émotions. Friedrich ne copie pas le monde, il l’assimile, le modèle, l’étend au-delà des limites du sensible. Il dévore l’univers et le régurgite, tente d’en livrer des tendances invisibles à l’œil profane. La médiation de l’artiste éclaire le monde, inspire notre regard, révèle l’indicible. L’homme, centre d’un monde trop vaste pour lui, est replacé devant l’immensité, l’étendue. Au loin, toujours, le sentiment de notre propre finitude. Friedrich réfute les paysages fermés, classiques, réduits par le peintre aux dimensions de l’homme. Si notre raison est incapable d’embrasser l’infini, l’émotion, le cœur, la foi peuvent la suppléer. Ces paysages ne sont pas raisonnables, leur étrangeté touche aux profondeurs du psychisme humain, aux frontières du rêve, de l’incompris. Ils n’illustrent pas, ils ne décorent pas, ils emportent, nous jettent dans une inépuisable altérité, celle que nous portons au fond de nos cœurs. Nul besoin de se confronter au monde pour être jetés dans l’insondable mystère de notre humanité, cette âme que la raison ne peut étouffer. Ces ruines, ces nuages, ces villes perdues dans le lointain sont le reflet de l’âme libérée des contraintes tangibles du réel. Caspar David Friedrich nous invite à l’évasion suprême : quitter le glacis raisonné, imposé par le monde pour des rivages singuliers, subjectifs. Se sentir exister en oubliant, même quelques instants, les rôles prédéterminés, les impératifs extérieurs, et, par la communion avec le monde, pouvoir communier avec soi-même.

Blick auf Arkona mit aufgehendem Mond und Netzen (1803)

Nebel (1807)

Abtei im Eichenwald (1810)

Winterlandschaft mit Kirche (1811)

Felsenschlucht im Harz (1811)

Greifswald im Mondschein (1817)

Der Wanderer über dem Nebelmeer (1818)

Frau vor untergehender Sonne (1818)

Mondaufgang am Meer (1822)

Das Eismeer (1824)

Friedhofseingang (1825)

Sonnenuntergang (1830)

Wrack (1835)

Klosterruine Oybin (1840)

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5 réflexions sur “Caspar David Friedrich, galerie

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